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Blog de Mohamed  Sifaoui

Blog de Mohamed Sifaoui

- Des opinions qui refusent la compromission -


Lettre ouverte à mes amis.

Publié par mohamed sifaoui sur 7 Février 2008, 13:56pm

Catégories : #mohamed-sifaoui

Des camarades de lutte contre l’intégrisme et contre l’obscurantisme, des amis qui se sont toujours opposés à toutes les formes d’extrémisme, organisent ce dimanche 10 février une soirée de soutien en faveur de Ayaan Hirsi Ali. J’étais convié à prendre la parole et à réitérer mon soutien total et indéfectible à l’ancienne députée néerlandaise qui, depuis son reniement de l’islam, risque sa vie au quotidien.
 

Pourtant, bien que je soutienne l’idée, à priori louable, d’organiser une telle rencontre, je m’empêche, après réflexion, de me rendre à une soirée qui risque fort de servir des calculs politiciens et des intérêts personnels et étroits et qui, hypocritement, va cacher les luttes intestines qui minent le camp de ceux qui sont sensés se battre côte à côte contre l’intégrisme.

 

De plus, je m’empêche – et je m’empêcherai désormais – de prendre la parole aux côtés des « résistants de la dernière heure » et je pense notamment au représentant du quotidien Libération, dont le journal n’a eu de cesse d’insulter et de calomnier le camp de ceux qui, parmi les intellectuels et les journalistes, se battent depuis déjà plusieurs années contre l’obscurantisme. Ayaan Hirsi Ali, mais aussi beaucoup de démocrates algériens, ont eu droit à la mauvaise foi d’un journal dont le but a été, à maintes reprises, de jeter le doute et le discrédit, sur ceux qui vomissent l’islamisme en dédouanant au passage les tenants de cette idéologie, de leurs innombrables crimes.

 

De plus, le représentant de ce journal nous a bien montré lors du meeting contre l’ADN qu’il se prenait désormais pour le leader de « l’opposition à l’ère Sarkozy » et qu’il ne comptait donc pas lutter pour des valeurs mais davantage pour ses intérêts et ceux de son journal. Je pense, en effet, que ce qu’il l’intéresse, avant toute chose, ce ne sont pas les principes mais la publicité à réaliser et les bénéfices à tirer, par le biais de telles actions, pour un journal qui ne cesse, aux yeux de beaucoup de femmes et d’hommes de gauche, de perdre en crédibilité et qui, sans nul doute, manque de sérieux et de cohérence surtout sur cette question de l’islamisme.  

 

Je ne me rendrai pas à cette soirée parce que je sens la récupération politique dégager sa puanteur. Comment expliquer sinon la présence d’une Ségolène Royal dont l’objectif n’est autre que de trouver des tribunes qui l’a mettraient en orbite pour 2012 alors qu’elle s’était très prudemment empêché, en sa qualité de candidate, de s’exprimer, entre autres, sur l’affaire des caricatures ? Comment expliquer la présence probable de membres d’un gouvernement qui estime que « l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé » ou que les wahhabites saoudiens sont l’incarnation de la civilisation musulmane ?    

 

Je ne me rendrai pas à cette soirée parce que je refuse qu’on me dise, quand bien même ce serait mes amis, ce que j’ai à dire ou ce que je ne dois surtout pas dire. Je refuse qu’on m’impose une « bien-pensance », je refuse qu’on me dicte la démagogie et enfin je refuse qu’on m’apprenne l’hypocrisie. En somme, je refuse qu'on me considère, même involontairement, comme l'Arabe ou le musulman de service, celui qu'on sort du chapeau lorsqu'on organise des soirées pour dénoncer les islamistes et leurs agissements criminels.

 

Je n’irai donc pas à cette soirée parce que je n’aime pas, non plus, cette lutte fratricide que se livre en coulisses ces féministes de « Ni putes ni soumises » et leur dissidentes les « Insoumises » ainsi que leurs parrains et marraines respectifs. Deux associations désormais rivales et donc privées de figurer sur la tribune alors que les membres des deux associations ont, à ma connaissance, soutenu Ayan Hirsi Ali et le combat qu’elle symbolise, beaucoup plus que certains des intervenants.

 

Enfin, je ne me rendrai pas à cette soirée parce que je ne supporte pas cette pression si discrète, si subtile et si hypocrite exercée sur les organisateurs par certains caciques du PS et autres coulissiers de la gauche. Une « pression amicale » qui appelait à « virer » de la tribune l’eurodéputé Benoît Hamon sous prétexte qu’il ne représentait pas le « bon courant », la « bonne clique » ou la « bande » alors qu’il a été le seul – ou l’un des rares – à mener une action concrète au niveau du Parlement européen en faveur d’Ayaan Hirsi Ali.  

 

Je n’aime pas – il est vrai – cette conception de la démocratie et du combat qui fait passer les copains avant les idées ; les intérêts avant les valeurs ; les calculs avant les principes.

 

A Caroline Fourest, à Bernard-Henri Lévy, à Philippe Val, à Dominique Sopo et à l’ensemble de mes amis, je dirai : vous avez eu certainement raison d’organiser cette soirée, je connais votre sincérité et votre détermination à lutter contre l’infâme mais si nous devons continuer à lutter, côte à côte, nous devons revoir à la fois la méthode et débattre sur les objectif de notre combat.     

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Rodi 29/12/2008 11:11

Je suis de tout coeur avec vous M. Sifaoui. Je viens moi-même d'un pays musulman et je vous soutiens fermement. Continuez, nous sommes à vos côtés. Et bravo pour votre courage!

sylvie 31/08/2008 21:12

Bravo pour votre blog !! ce que vous dites combien on aimerait l'entendre plus souvent de la bouche de français de souche ou des politiques !! continuez votre lutte contre l'obscurantisme et le fanatisme religieux islamique ! Bon courage à vous et merci !!

karim bey smail 09/03/2008 13:01

Gaspard, Adelfiquement, j'aimerais te remercier, j'ai pesé chaque mot et si peu sont de moi, il sont issu du de ce que j'ai récolté devant Chahla Chafiq, Michelle Vianes,  taslima nasreen et beaucoup d'autres. Ayan elle, as pour moi toutes les excuses. je n'ai pas la même opinion et elle me fait mal à chaque fois. je l'ai vue de trés près je l'ai lut de trés loin, mais c'est le même impact.... Zazi sadou encore musulmane ! Elle, parle des jeunes femmes enlevé pour les mariages de jouissances qui sont assassiné a la grossesse. Evoque la même puissance de ma honte. l'islam est perverti par l'homme qui doit ce civiliser.mohamed, ayan et tant d'autres sont en danger parcequ'ils sont peu a osez moi j'espère que bientot il y ai une nué d'entre nous a faire le ménage dans les clichés...si loin du droit et des égalité la femme afgane, irakienne, algérienne a pour refuge sa prière. L'islam paradoxalement est leur meilleur refuge. La religion est malheureusement plus concréte que nos voeux pieu. n'ayont pas de peur dans la fraternité entre les peuples il n'y as pas d'ingérance. étandons l'état de droit démocratique et solidaire pour que la laicité l'égalité puisse veiller sur tous dans un millénaire ? j'aimerais qu'un éclair de génie nous débarrasse des abrutis...D'ici là gaspar, loup blanc et les autres son a l'affut c'est déja pas si mal 1+1+1+1+1+1+1+1 = NOUS A bientôt sur la toile  

mohamed sifaoui 10/03/2008 16:55

karim bey smail 09/03/2008 12:33

L'abomination de l'exision ou de l'infibulation est tribale, plus tôt l'islam permetra l'éradication de cette "coutume" plus tôt les amalgames césseront. http://pagesperso-orange.fr/..associationgams/pages/presgams.htmlelles ce pratique aux : Yémen, Indonésie, Malaisie, Bahreïn, Sultanat d'Oman, Émirats Arabes Unis, Arabie Saoudite, Inde, également l'Occident (pays d'accueil) avec États-Unis, Canada, Norvège, Finlande, Danemark, Pays-Bas, Suisse, Australie, Suède, Royaume-Uni, Belgique entre autres.L'exision n'est n'y musulmane n'y occidental mais la complicité est total !le site du gams une asso primordial pour comprendre l'exision et l'infibulation. des femmes africaines contre l'exicion a aider, supporter et difusser je compte sur toi loup blanc.Son père étais musulman c'est le cqfd de l'histoire de la haine d'ayan. ce sont des fatwa contre ce genre de pratiques possible dans le monde musulman qu'il faut faire et non courrir après la liberté des apostats.Pour moi il n'y as pas d'amalgame, je range tout cela dans la case abus de la domination masculine et si comme je le croit l'islam est une religion de liberté il est impérieu de réformer les pratiques barbares qui salisse cette religionKarim

loupblanc 28/02/2008 12:40

salut karim, je voulait apporter une precision a ton propos, l'excision n'est pas une pratique islamique, meme si les tenants de cette barbarie le revendiquent, y'en a assez de ces amalgames puants et de cette ignorance. la seule pratique acceptée est la circoncision, les autres ne sont que barbaries et survivances d'un autre temps

Bernice Dubois 15/02/2008 11:44

Entièrement d'accord avec cette position. Ne suis pas allée à cette réunion pour les mêmes raisons. J'ai senti la récupération, même de la part de femmes autrefois si bien comme Caroline et Fiammetta mais devenues, à mon avis, trop imbues d'elles-mêmes au point de penser qu'une cause n'était bonne que si elle était soutenue par elles. Pourtant je suis à 100% pour Ayaan Hirsi Ali depuis le début. Me suis même demandée si son discours serait fidèlement traduit. Donc, trop de doutes. Amitié solidaire,
Bernice

Skiff 15/02/2008 05:56

Bonjour Mdme CaspardCaspard étant masculin en général reconnaissez que l'erreur était envisageable.L'excision nous le savons n'a rien de religieux, elle n'a rien a avoir avec l'islamisme c'est à ce niveau que je pense qu'il y'a une forme de confusion entre tout et n'importe quoi.Là ou il faudrait lutter c'est contre cette pratique machiste répandue dans certains pays africains et qui bien souvent est pratiqué pour des raisons de conforts du mari.Vous le savez mieux que moi dans ces pays les dictateurs ne peuvent se maintenir en place si il ne crée un certain exutoire pour le peuple, outre la religion la femme étant en première ligne malheureusement.Ce que je voulais dire quant à mohamed c'est que vous ne pouvez comprendre le caractère sanguin de l'indignation j'ai moi même perdu un neveu dans le maquis, il n'est pas question là de faire de la politique ou autre, il est question de conviction, de coeur et ici point d'approximation ou de mensonge acceptable pour engager la lutte, sinon je ne vaux guère plus que ceux que je combat.Mohamed est vrai et en ce moment il a besoin de soutien, hayaan est le dernier sujet à la mode voila mon sentiment !Bravo Mr taguieff pour votre analyse !

Caspard 14/02/2008 22:28

Juste un mot en passant, monsieur Skiff : je ne suis pas "monsieur" mais "madame". Cela n'a d'ailleurs aucune importance (sauf le fait que je peux plus facilement me mettre mentalement à la place de Ayaan Hirsi Ali...), c'est juste une précision.Qu'est-ce qui vous permet de dire que je ne peux pas "comprendre" M.Sifaoui ??? Bien sûr que si, je suis au courant de ses combats, je l'ai souvent suivi dans des interventions télé, des reportages, je le connais en ayant assisté à des tables rondes auxquelles il a participé, je lui ai serré la main avec plaisir, il m'a même dédicacé deux de ses livres!Et je salue avec respect son courage et sa détermination, au moment où certains de nos élus donnent des coups de poignard dans le dos de notre République, et où d'autres se gardent bien de se montrer, tenez, même Ségolène Royal sur un plateau d'infos (je ne sais plus lequel) qui après avoir embrassé A.H.Ali dimanche, estime, mardi, qu'elle est "excessive", en excusant ses excès par les malheurs qu'elle a subis...Mais admirer M.Sifaoui ne m'empêche pas d'avoir envie de soustraire QUELQUE femme que ce soit à la barbarie islamiste, peu m'importe qu'elle ait menti ou quoi que ce soit, cela ne m'intéresse pas!Et la meilleure réponse, c'est le REQUISITOIRE incomparable de Karim Bey Smaïl !!! Un grand coup de chapeau à vous, monsieur, pour OSER écrire comme vous le faites, ça au moins ce n'est pas de la demi-mesure, de la défense bien gentille et bien tiédasse, ça, ça "a de la gueule", (vous savez j'espère que cette expression est un compliment!)Vous avez sans doute les connaissances techniques nécessaires pour ainsi citer Wikipédia, mais ...quelle patience! (à moins que ce soit tout simple et accompli en quelques secondes! ...)Monsieur Skiff, vous êtes mieux à même de compléter vos savoirs concernant A.H.A.Puisque je suis déjà là, quelques mots encore.Monsieur P.A.Taguieff, tout directeur de recherche que vous êtes, vos allusions me sont incompréhensibles : militantisme théâtralisé? instrumentalisation politicienne? ralliements individuels? la bonne cause qui marche? .....??????Rassurez-vous, je n'ai pas envie de savoir, inutile de perdre du temps à vouloir tenter de m'expliquer ...

Pierre-André TAGUIEFF 14/02/2008 13:45

Cher Mohamed Sifaoui,
Une fois de plus, je suis largement d'accord avec vous. Vous mettez justement le doigt sur l'un des grands travers du militantisme théâtralisé des deux dernières décennies: l'instrumentalisation politicienne ou groupusculaire des grandes causes défendues, sans parler des ralliements individuels cyniques et intéressés à la "bonne cause qui marche". Ces comportements contribuent à disqualifier les causes en question.
Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS

mohamed sifaoui 14/02/2008 15:12

karim bey smail 14/02/2008 11:24

Ci dessous de quoi comprendre la haine de cette femme et ce qui la justifie...d’abord mon opinion : je suis musulman et je la soutiendrais car ce qu'elle a subit est intolérableMohamed est journaliste, c'est en observant, ce qui l'entoure qu'il c'est investit dans la question de la lutte anti-islamiste. Il aurait put passer son chemin, c’est sa volonté qui l’entraîne, Il pourrait sûrement parler des mariages de jouissances, des mariages forcé, de la violence conjugale transposée en proverbe car la lutte anti-islamiste est une lutte féministe avant d'être une lutte républicaine ou démocratique. Mohamed va au GAMS ou chez ni putes ni soumises, sos femmes battues il y as de quoi faire un livre sur l’injustice faites aux femmes de toutes races et de toutes religion. Peu d’hommes prennent ce combat a bras le corps et tout dépend d’un rapport de force totalement déséquilibré en Afrique, en Asie mais aussi ici avec une loi cadre grenellisé. Ils ont tous bossé dessus le planing famillial, des avocates, juges et d’autres des milliers d’heures d’études, des années femmes, engloutit, endormis dans un linceul. On l’appelais la loi cadre ce serait bat comme titre non ? Ayan ne fait qu’une seule erreur c’est de confondre la domination masculine avec l’islam. Cette religions est souillé par l’homme, elle ne porte pas en elle de contradiction avec la modernité et l’égalité de la femme. Mais j’ai bien trop honte pour tenter de lui expliquer et j’écouterais la purge de ces fantômes jusqu’as ce qu’elle se tarisse et qu’elle trouve une paix n’importe laquel même si elle ce converti au satanisme.    Elle c'est à six ans qu'on lui a fait comprendre qu'il fallait fermer sa gueule quand ont est une femme Alors elle gueule et elle n'est pas seul Mohamed ne se défie pas d'elle mais des parasites de la misère et du carcan dans lequel on veut faire entrer son verbe, il est je pense suffisamment intelligent pour dépassionner son témoignage. Toute femme excisée, violé, violenté est de fait dans son droit d'asile et ce gouvernement de surface devrais faciliter le retrais de toute femme de son pays d’origine dans le monde qui lui nie son état d’être humain et porte atteinte a son intégrité physique.En amputant son clitoris le monde patriarcal a semer la haine en elle, ce n’est pas une question musulmane l’excision ce pratique en terre chrétienne aussi… mais son père étais musulman et ne la pas protéger.  J’y voit la sincérité de son combat je l’ai entendu deux fois, en face a face, elle ma fait mal, elle ma fait honte et si le toquard qui la fatwatisé était devant moi, c’est lui que j’exécuterait avec l’intime conviction de faire le bien. Alors tout musulman que les propos d’Ayan heurte devrait adresser un courrier a son dictateur d’origine pour dénoncer la honte de tel pratiques qui souille l’islam et les musulman. Je me trompe ?L'avis de wikipédia : Enfance en exil [modifier]Elle est excisée à cinq ans. Elle quitte la Somalie agée de 6 ans, alors que le pays est sous le régime de Siad Barre, pour suivre son père Hirsi Magan, un intellectuel qui a étudié aux États-Unis dans les années 1960, dans un long exil politique, d'abord en Arabie saoudite et en Éthiopie puis au Kenya. Le père voyagera beaucoup mais sa famille restera dix ans à Nairobi, où elle est scolarisée dans un collège musulman pour jeunes filles.À cette époque elle est scolarisée dans une médersa, ou école coranique.Elle se marie au Kenya, son époux repart au Canada une semaine après le mariage.Alors qu'il lui adresse un billet d'avion pour le rejoindre, elle décide de partir en Allemagne, où elle demande l'asile politique. Venant du Kenya, pays en paix où elle est déjà réfugiée politique, l'asile politique lui est refusé en Allemagne.C'est alors qu'elle prend le train pour les Pays-Bas, où elle demandera et obtiendra l'asile politique, sous un faux état-civil. (voir le documentaire "Holy Ayaan" qui lui est consacré)Arrivée aux Pays-Bas [modifier]En 1992, elle obtient l'asile politique aux Pays-Bas. Elle constate à cette occasion la permissivité de la justice néerlandaise face aux discriminations envers les familles musulmanes[réf. nécessaire].Elle poursuit ses études de philosophie politique à Leyde. De 1995 à 2001, elle travaille également comme traductrice et interprète pour la justice néerlandaise et pour les services d'immigration. À partir de 2001, chercheuse dans un think tank du Parti du travail des Pays-Bas, elle se spécialise sur l'intégration des femmes étrangères et plus particulièrement musulmanes dans la société néerlandaise.« Naturellement membre du parti travailliste » – la formule est d'elle – elle se trouve en désaccord avec lui en ce qui concerne les relations que la société doit entretenir avec les communautés étrangères. C'est après avoir été désavouée pour son interprétation « réactionnaire et anti-islamique » des attentats du 11 septembre 2001 qu'elle quitte le parti travailliste. En novembre 2002, elle adhère au parti libéral VVD où elle peut davantage faire valoir ses idées. Elle est élue au Parlement en 2003. Elle réussit alors à faire adopter une proposition de loi réprimant sévèrement la pratique de l'excision. Durant cette période, elle écrit de nombreux articles fustigeant ce qu'elle appelle les dangers du communautarisme, qu'elle voit comme un obstacle à l'intégration.Ayaan Hirsi Ali entame une collaboration en 2004 avec Theo van Gogh par ailleurs connu pour ses provocations, qui avait déclaré : « La plupart des femmes, à mes yeux, ne sont que de petits utérus qui parlent »[1], mais qui démontre néanmoins son engagement contre les violences faites aux femmes musulmanes en s'associant avec elle sur ce thème. Ils écrivent le scénario d'un court-métrage sur la condition féminine dans le monde musulman, en insistant sur les violences qui sont faites aux femmes au nom de l'islam. Ce film provocateur, où des calligraphies du Coran, livre sacré des musulmans, sont inscrites sur la peau des actrices, entraine la colère des musulmans hollandais.Nouvel exil, aux États-Unis [modifier]Dans un documentaire diffusé à la télévision néerlandaise, Hirsi Ali reconnaît avoir menti sur son identité, son âge et sa biographie pour obtenir l'asile politique et échapper à un mariage forcé. Ces mensonges risquent alors de provoquer la déchéance de sa nationalité néerlandaise, ainsi que son expulsion. La ministre de l'intégration Rita Verdonk, bien que membre comme elle du VVD, tente d'utiliser ce fait pour la déchoir de sa nationalité, mais échoue face à une motion des députés votée à la majorité, devant la désapprobation de figures du VVD (parti libéral) comme Gerrit Zalm, Neelie Kroes, le Premier ministre Jan Peter Balkenende lui même qui désavoue publiquement sa ministre, enfin et surtout face aux militants du VVD qui le 31 mai 2006 élisent massivement Mark Rutte à la tête de leur parti que perd Rita Verdonk.Après une campagne menée contre elle dans toute l'Europe sur son mensonge, elle démissionne de son siège de député et s'exile aux États-Unis, où elle a été recrutée par l'American Enterprise Institute, un think tank néoconsevateur proche de l'administration Bush.Une autre affaire concomitante l'a incitée à quitter le pays. Cible initiale du meurtrier de Theo van Gogh, elle bénéficiait d'une protection policière. Les désagréments de cette protection pour le voisinage sont à l'origine d'une plainte de ses voisins. Déboutés en première instance, la Cour d'appel leur donna raison et décida l'expulsion de la députée.Ayaan Hirsi Ali gardera toutefois la nationalité néerlandaise après que le 27 juin 2006 Rita Verdonk, désavouée par son parti et l'opinion publique, ait renoncé à la déchoir de ses droits civiques.Celle-ci parvient néanmoins à user de certaines lois pour contraindre le gouvernement à retirer la protection rapprochée qu'il avait accordée à Ayaan Hirsi Ali en octobre 2007, au nom du fait qu'elle n'est pas sur le territoire national. En effet, elle réside depuis l'affaire aux États-Unis, où le gouvernement américain ne peut lui accorder protection, Ayaan n'étant pas de nationalité américaine. Ayaan Hirsi Ali revient aux Pays-Bas ce même mois d'octobre 2007. Le Danemark a proposé de lui accorder l'asile politique et la protection nécessaire, mais elle déclara préfère rester aux Etats-Unis où elle bénéficiait d'une plus grande liberté d'expression, notamment par rapport à la critique de l'Islam. Une manifestation de soutien demande alors à la France de lui accorder une citoyenneté française honorifique.Arrivée en France [modifier]Contrainte à financer elle-même sa protection privée, elle demande à la France de lui accorder la nationalité et sa protection. Sa demande est examinée par la secrétaire d'état Rama Yade le 10 février 2008.Engagement politique [modifier]Ayaan Hirsi Ali se réclame d'une laïcité à la française, avec une nette séparation de l'Église et de l'État, ce qui n'est pas le cas aux Pays-Bas.Ayaan Hirsi Ali soutient que l'islam est incompatible avec les principes de la démocratie, tout comme le christianisme est incompatible avec la démocratie, et le judaisme est incompatible avec la démocratie[2]. Mais, selon elle, ces deux religions ont dû se réformer, ce qui n'a pas été le cas de l'islam. La venue de plusieurs millions de musulmans en Europe à partir de la deuxième moitié du XXe siècle constitue un fait majeur et durable. En réclamant pour l'islam d'Europe une période de Lumières, elle en donne une image d'ensemble réactionnaire. Ce point de vue trouve un écho important dans les milieux d'extrême droite mais aussi chez de nombreux intellectuels européens, comme Alain Finkielkraut ou Bernard-Henri Lévy, qui ont des points de vue sur l'Islam assez proches du sien.Elle a été qualifiée de « Voltaire noire »[3], en référence aux combats passionnés de ce dernier contre le cléricalisme tant chrétien (après l'affaire du chevalier de La Barre) qu'islamique (avec son pamphlet Le Fanatisme, ou Mahomet le prophète [4]). Pendant la polémique sur les caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten, Ayaan Hirsi Ali déclare dans son discours prononcé non loin de l'ex-Mur de Berlin le 9 février 2006 :« Comme les milliers de personnes qui ont manifesté contre les caricatures danoises, j'ai longtemps cru que Mahomet était parfait - qu'il était la seule source du bien, le seul critère permettant de distinguer entre le bien et le mal. En 1989, quand Khomeiny a lancé un appel à tuer Salman Rushdie pour avoir insulté Mahomet, je pensais qu'il avait raison. Je ne le pense plus. »[5] À la suite de cette affaire , elle signe, avec Salman Rushdie, Taslima Nasreen, Irshad Manji et d'autres musulmans, le Manifeste des douze « Ensemble contre le totalitarisme », initié par Philippe Val de Charlie-Hebdo, ainsi que Caroline Fourest collaboratrice du journal qui s'est engagé pour la défense de la liberté de pensée et contre la censure religieuse ou au nom de la religion.Menacée par des intégristes musulmans [modifier]Après l'assassinat de Theo van Gogh par Mohammed Bouyeri, Ayaan Hirsi Ali est menacée de mort. L'assassin ayant laissé sur le corps une liste des futures cibles transpercée par le poignard où le nom d'Ali figure en tête. Elle s'enfuit des Pays-Bas. Une fatwa a été prononcée à son encontre la condamnant à mort dans plusieurs pays musulmans notamment au Soudan.De retour en Hollande, c'est sous haute protection policière qu'elle fait publier son livre Zoontjesfabriek, traduit en français sous le titre Insoumise. Après cette publication, Ayaan Hirsi Ali reçoit de nombreuses menaces de mort pour les critiques des relations homme/femme dans la religion musulmane qu'elle a formulées.Sa tête est toujours mise à prix auprès de certaines institutions musulmanes. Elle a été mise à prix notamment par les dirigeants de la mosquée rouge, au Pakistan, avant le démantèlement de l'organisation.Œuvre [modifier]Une loi néerlandaise contre l'excision porte son nomSes livres en français : Insoumiseen néerlandais : Zoontjesfabriek, fabrique de filsen allemand : Ich klage an (J'accuse)également traduit en turcen anglais : The Caged Virgin: An Emancipation Proclamation for Women and IslamLe court-métrage de Theo van Gogh dont elle est la scénariste : Submission : Part I - Part II - Part III - Part IVSelon la dernière interview d'Ayaan parue dans la revue néerlandaise OPZIJ (NR. 7/8 Juli/augustus 2006) elle travaillerait présentement sur la suite II de Submission qui traitera de la condition des homosexuels, de l'antisémitisme et de quelqu'un qui est tiraillé entre la vie occidentale et les règles de vie islamiques, et enfin sur la sortie de son prochain livre Shorcut to Enlightment où Mohamed sera confronté à trois philosophes contemporains. en français : Ma vie rebelle traduction française de Infidel, Nil Editions, Paris 2006. Dans une interview[6], elle a dit : « À chaque époque son challenge. Il y a eu la lutte contre le fascisme, le communisme, aujourd'hui le vrai défi contre l'État de droit, c'est l'Islam. Dans cet ouvrage, je raconte ma propre émancipation de jeune musulmane somalienne. Car les femmes sont les premières victimes : le Coran leur impose dès le plus jeune âge une soumission totale. Ce ne sont pas seulement les intégristes qui constituent un danger, mais une religion qui s'immisce dans toutes les sphères de la vie. Une sorte de totalitarisme en réalité. L'Islam n'a pas connu sa révolution des Lumières. J'ai vécu de l'intérieur cet obscurantisme et la difficulté de s'affranchir des traditions. J'en suis sortie encore plus seule — j'ai rompu avec les membres de ma famille, un de mes amis Théo Van Gogh a été assassiné —, mais réformer l'Islam, c'est le combat de ma génération. »Voir aussi [modifier]Articles connexes [modifier]FéminismeAthéismeIslamRapport homme/femme en islamApostasie dans l'islamIslam libéralCritique de l'islamLiens externes [modifier](nl) Site officiel(fr) Le problème, c'est le Prophète et le Coran - Interview donnée au journal l'Express du 16 mai 2005(nl) Original de la lettre laissée sur le corps de Theo van Gogh menaçant Hirsi Ali : Page 1 - Page 2 - Page 3 - Page 4 - Page 5(en)The Dutch-Muslim Culture War, article de Deborah Scroggins paru initialement dans le magazine américain The Nation et repris sur le blog de Jerry Weintraub. Donne la parole à plusieurs critiques féministes et/ou musulmans de Ali.(fr) Arrêt sur images sur France 5 28 mai 2006 ; diffuse un extrait du reportage néerlandais de l'émission "Zembla" (du réseau VARA) sur les origines d'Hirsi Ali, et débat à propos du reportage. Intégralité du reportage, sous-titré en anglais.

mohamed sifaoui 14/02/2008 11:31

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