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Blog de Mohamed  Sifaoui

Blog de Mohamed Sifaoui

- Des opinions qui refusent la compromission -


Le déshonneur de la justice algérienne.

Publié par mohamed sifaoui sur 30 Décembre 2011, 01:57am

Catégories : #mohamed-sifaoui

NezzarK.jpegEn Algérie, un groupe d’hommes (et de femmes) de lois dont quelques avocats viennent de donner la preuve à la planète entière que la justice algérienne est inféodée au régime et à ses symboles jusqu’à l’article 120 voire au-delà (rappelez-vous ce texte de loi qui, au temps du parti unique et inique, exigeait des citoyens une allégeance pleine et totale au FLN).

Une trentaine de robes noires, rouges, vertes enfin de magistrats ou quasi, des avocats ou simili, des juristes réels ou supposés (et avec eux le tutti quanti des titres plus ou moins pompeux, mais visiblement clientèle assidue du régime) se sont empressés, comme de bons petits soldats bien disciplinés, de signer une pétition en faveur du généralissime Khaled Nezzar appelant les responsables de l’État Algérien afin que ceux-ci prennent « toutes mesures dictées par les circonstances et prier le gouvernement de la Confédération Helvétique d’agir dans les délais opportuns, pour mettre un terme à une procédure que ne justifient ni la réalité des faits invoqués, ni les principes du droit international. »

Je ne commenterai pas le fond du dossier, mais le caractère ubuesque de la démarche, son inefficacité voire même son côté contreproductif.  

Voilà donc un groupe d’hommes (et de femmes) de lois qui pourtant voyagent souvent, utilisent internet, regardent les chaînes satellitaires et se disent, à temps partiel, défenseurs des principes démocratiques et censés être plutôt instruits qui poussent l’outrecuidance jusqu’à demander à Abdelaziz Bouteflika, le président algérien, d’appeler les autorités helvétiques afin que celles-ci interviennent auprès d’un procureur fédéral de la Confédération dans le but de faire cesser une procédure judiciaire où le mis en cause est le généralissime Khaled Nezzar. On aura tout vu !

Je ne sais pas si la plainte est fondée et il ne m’appartient pas de commenter un dossier sur lequel nous savons peu de choses. À vrai dire, je ne pense même pas que Khaled Nezzar ait un jour, en tant que ministre de la Défense, retroussé ses manches pour aller, lui-même, faire passer un mauvais quart d’heure à un détenu. Mais disons que le problème ne réside pas à ce niveau. Il se situe ailleurs.

Je m’explique : Parfois, il y a vraiment des choses qui ne tournent pas rond dans le royaume de Bouteflika et dans l’hémisphère du « Club des pins ». Soit ces braves pétitionnaires ont perdu la boule au point de penser qu’à Berne les choses fonctionnent comme à Alger, soit ils ont perdu le sens des réalités au point de croire qu’un juge ou qu’un procureur, partout à travers le monde, rédige son jugement ou son réquisitoire, comme on le fait dans ces pays antidémocratiques où la justice n’est pas indépendante, après avoir reçu un coup de téléphone d’une haute autorité, soit ils ont tout simplement perdu, y compris les valeurs que certains d’entre eux disent défendre au point de croire que le rôle d’un homme (ou d’une femme) de lois consiste à aller au secours d’un généralissime afin qu’il ne soit pas considéré comme un justiciable.

Il faudrait tout de même qu’on trouve une explication rationnelle à cette démarche, plus qu’inopportune venant de surcroît d’hommes (et de femmes) de lois qui montrent, ni plus ni moins, leur attachement à une justice à deux vitesses : la première pour des généraux, des ministres, des députés et la seconde, pour les autres, les sans-grades.

Parce que rappelons-le tout de même. Pour l’instant, le généralissime Nezzar a été tout simplement auditionné à la suite d’une plainte. Il n’est pas emprisonné, il n’est pas jugé, il n’est pas condamné, mais tout simplement convoqué. Il est par conséquent, au regard du droit, présumé innocent. Chose que les pétitionnaires – et surtout les hommes (et les femmes) de lois d’entre eux – n’ignorent probablement pas. Leur démarche montre en fait qu’on ne doit pas toucher à un généralissime. Qu’il ne faut surtout pas commettre de lèse-général. En fait, pour une certaine clientèle du régime, il ne faut même pas considéré que Khaled Nezzar est présumé innocent, car il serait, plus que tout autre justiciable, innocent tout court. Et qu’il serait innocent tout court, non pas parce qu’il s’appellerait Khaled Nezzar, mais parce qu’il est généralissime à la retraite de l’armée algérienne. Finalement, ces pétitionnaires qui défendent sinon un clan, leur propre carrière ; sinon une carrière, leurs intérêts étroits et personnels ; sinon des intérêts étroits et personnels, une position idiote ; finalement, disais-je, ces pétitionnaires nous ont livré en un texte, le bêtisier de toute une année.

Oui leur position est idiote. Et elle l’est d’autant plus qu’elle donne la preuve qu’en Algérie beaucoup de magistrats, d’avocats, de juges (et même un ancien magistrat à la Haye, Mohamed Bedjaoui), agissent en petits soldats prêts à faire courbette à un généralissime au risque de se ridiculiser et de ridiculiser l’ensemble de la justice algérienne au moment où le pouvoir de Bouteflika jure la main sur le cœur que cette justice algérienne est devenue indépendante depuis avant-hier. Oui, on l’a dit à la télévision d’État, elle est désormais totalement indépendante et ce, depuis le dernier discours du président algérien. Elle l’est tellement qu’en toute indépendance plusieurs bâtonniers, anciens bâtonniers, procureurs et anciens procureurs (et tous les autres) se sont empressés, en toute indépendance bien-sûr, à signer une pétition pour demander à la justice helvétique de ne plus être indépendante. Oui je sais, il vaut mieux en rire qu’en pleurer !   

 

L’autre point à soulever concerne cet amalgame qui est fait entre les souffrances infligées au peuple algérien par les terroristes islamistes et l’action judiciaire à laquelle doit faire face le généralissime Khaled Nezzar. Les pétitionnaires précisent par exemple que « le FIS a été, successivement, le géniteur de l’AIS (Armée Islamique du Salut), du GIA (Groupes Islamistes Armés) et du GSPC (Groupes Salafistes pour la Prédication et le Combat) qui se sont en définitive fondus dans l'AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique)… » Soit ! Je suis le premier à dénoncer les tenants de l’islam politique et leurs tentacules terroristes. Sauf qu’une question s’impose : Si le FIS est géniteur de l’AIS, qui a rendu la jeunesse algérienne perméable à l’idéologie du FIS ? Le pouvoir auquel a appartenu Nezzar. Qui a légalisé le FIS ? Le système dans lequel Nezzar occupait les plus hautes fonctions ? Qui a promis que l’arrêt du processus électoral devait protéger, entre autres, la démocratie ? L’armée dirigée à l’époque par le même Nezzar. Cette démocratie a-t-elle été protégée ? Non ! Qui a négocié avec les terroristes ? Le DRS, cette police politique omniprésente que Nezzar n’a jamais dénoncé et qui, depuis vingt-et-un est dirigée par le même ignare, manipulateur, lâche et incompétent qu’on a voulu mythifié le présentant tel un superman sans lequel l’Algérie tomberait en friche, car sans héritier mâle. Qui a amnistié les terroristes ? Le système auquel a appartenu toujours le même Nezzar. Qui a pour partenaire politique la branche dite « modéré » de ces mêmes terroristes ? Toujours ce même régime, soutenu d’ailleurs par certains des pétitionnaires. Et alors ? Que veulent-ils nous raconter ? Une autre histoire de l’Algérie ? Ils veulent eux-aussi falsifier la réalité de ce pays comme l’avait fait avant eux les Ben Bella et Boumediène avec l’histoire de la révolution ?

Premièrement, les militants du FIS, du GIA, de l’AIS et j’en passe qui ont infligé ces souffrances avérées ont été amnistiées par le pouvoir algérien et non pas par la justice suisse. D’ailleurs, soi-dit en passant, à bien regarder la loi concoctée par Bouteflika avec la complicité de l’armée et du DRS, je crois bien que ces hommes (et ces femmes) de lois n’ont plus le droit de qualifier les terroristes de terroristes. La loi algérienne a absout des criminels de leurs crimes, car le pouvoir politique en portant cette extraordinaire idée a voulu nous faire croire que personne n’est responsable de la tragédie algérienne. En fait, on a traduit dans des textes de lois, le fameux slogan fataliste « Allah Ghaleb » (C’est Dieu qui l’a voulu !) qui dédouane, déresponsabilise et absout. 

En d’autres termes, la loi amnistiante a passé les morts, les blessés, les disparus, les traumatisés et j’en passe, par « pertes et profits exceptionnels » et a empêché toute réelle réconciliation étant donné que la chose a été concoctée dans les laboratoires au mépris de l’avis du peuple et des victimes ainsi que de leurs proches. L’ensemble a été légalisé par un référendum où la fraude traditionnelle a sévit en amont et en aval. Sans oublier qu’une propagande bien huilée a expliqué aux Algériens que ceux qui seraient contre l’amnistie des criminels seraient les ennemis de la paix. Foutaise ! En réalité, les seuls ennemis de la paix et de la stabilité de l’Algérie sont ceux-là même qui ont voulu, à tout prix, que le crime soit banalisé et ceux qui n’ont pas donné à la justice l’occasion, au moins, de développer, malgré son manque d’indépendance, une pédagogie qui aurait expliqué à la fois aux tueurs et à la société qu’ôter la vie à un citoyen est une chose grave qui mérite sanction.

Des victimes tués ou blessés une deuxième fois avec la complaisance de certains de ces mêmes hommes (et femmes) de lois qui viennent aujourd’hui au secours du plus bavard officier de la grande muette alors qu’ils avaient, pour la plupart, là aussi en faisant courbette au régime, applaudi l’indécente mesure.

Deuxièmement, à l’évidence, si le pouvoir a pardonné les crimes commis par les islamistes, certains de ces mêmes islamistes n’ont visiblement pas amnistiés (en tout cas pas encore) les hommes (et les femmes) du pouvoir de leurs crimes réels ou supposés.

Alors de deux choses l’une, soit ce régime s’est fait arnaquer par les islamistes. Et c’est tant mieux pour sa gueule, pour dire les choses simplement. Soit un clan du régime a arnaqué un autre clan en s’alliant en douce avec les islamistes et autres tenants du fameux « qui tue qui ? » et là aussi que les uns et les autres aillent au Diable tant les uns et les autres sont comptables également de la déliquescence du pays. Soit enfin l’amnistie était, en réalité, la plus mauvaise idée de ces cinquante dernières années (et Dieu seul sait qu’il y en a eu de la part du pouvoir) et, par conséquent, ceux qui se sont tus devant une disposition aussi ignoble, n’ont qu’à en assumer les conséquences. Et pour cause : comment peut-on soustraire un tueur à la justice et laisser un crime impuni ? Au nom de quoi ? De qui ? Dans quel pays peut-on estimer qu’un tueur n’est plus un tueur car le pouvoir politique l’a promulgué ?

Le discours négationniste de Bouteflika, soutenu par l’armée et le DRS, a réhabilité des criminels (comme Madani Mezrag par exemple), qu’ils ne s’étonnent pas alors lorsque des suppôts, alliés ou proches de ces mêmes criminels les rendent comme seuls responsables de la tragédie algérienne.

Il ne subsiste aucun doute aujourd’hui dans mon esprit, au regard d’éléments nouveaux en ma possession, que le généralissime comme la plupart de ses collègues décideurs ont, à tout le moins, couvert de graves, voire de très graves atteintes aux droits de l’homme et autres assassinats politiques s'ils ne les ont pas eux-mêmes commandités.

Et qu’on ne vienne pas me raconter que je serais devenu un nouveau partisan du « qui tue qui ? » cherchant à dédouaner les islamistes. Pour moi les choses sont désormais claires. Les intégristes, enfantés par le FIS, sont des tueurs, mais cette armée qui était censée les combattre avec des moyens légaux, démocratiques et civilisés a été encouragée, par certains de ses chefs, à mener d’une part, une lutte antiterroriste qui n’a respecté aucune des conventions signées par l’Algérie au niveau internationale et, d’autres part, certains hauts responsables de l’armée, à commencer par le général Toufik et ses plus proches adjoints ont instrumentalisé le contexte pour régler quelques comptes politiques avec la complicité active ou passive du généralissime Khaled Nezzar et de quelques autres.

En réalité, les amis de Nezzar oublient que celui-ci, comme demain d’autres de ses collègues, subiront les conséquences directes d’une politique hasardeuse. Ce bricolage, à travers lequel le pouvoir montre l’étendue de son mépris à l’égard de la société civile et de l’ensemble des Algériens, finira par provoquer un effet boomerang. La convocation de Nezzar par la justice helvétique n’est, à mon avis, que le prélude d’une avalanche d’affaires qui s’abattra tout au tard sur tous ces apprentis sorciers qui sont prêts, pour défendre leurs petits intérêts, à disloquer tout un pays.   

En gros, la ligne suivie aujourd’hui consiste à expliquer que les islamistes de l’AIS n’ont quasiment tué personne, que les tueurs du GIA sont tous morts et ceux qui furent relaxés n’ont pas de sang sur les mains, qu’au CPMI, dirigé alors par Bachir Tartag personne n’a été liquidé, qu’au CTRI de Blida, dirigé par M’henna Djebbar, nulle trace de torture, que les troupes de Mohamed Lamari n’ont jamais enfreint la loi, que les subordonnées de Smaïl Lamari n’ont, eux non plus, jamais fait de mal à une mouche, enfin, il ne s’est rien passé en Algérie. Voyons donc ! Durant les années 1990, on a tous rêvé ou plutôt cauchemardé.

 

Enfin, une dernière chose. Tout de même. Certains pourraient se dire pourquoi, alors que j’avais moi-même apporté mon témoignage en faveur de Khaled Nezzar, en 2002, dans le procès qui l’opposait à un soldat bonimenteur, j’adopte aujourd’hui une telle position ? Primo, le contexte est différent. Il y a dix ans, il s’agissait d’un procès en diffamation où le généralissime et le soldat était face à face, d’égal à égal, d’homme à homme, allais-je dire, devant une juridiction indépendante. Il ne s’agissait pas de demander à une justice indépendante de ne pas auditionner un généralissime parce que c’est le généralissime.

Khaled Nezzar se souvient parfaitement qu’il a été traité comme toute autre partie civile dans un procès qui fut, quoi qu’on puisse en dire, équitable. Secundo, le procès en question remettait en cause le sujet relatif à l’arrêt du processus électoral d’où d’ailleurs, la présence en face de Hocine Aït Ahmed, par exemple, qui était venu défendre, entre autres, cette position. Mon témoignage, de l’époque en faveur de Nezzar, ne consistait pas à défendre le généralissime, mais un principe que je continue à ce jour de défendre : oui ! Il ne fallait pas laisser le FIS prendre le pouvoir. Mais oui, il fallait aussi, immédiatement après l’arrêt du processus électoral, engager une démocratisation effective du pays, la démocratie étant le seul vrai rempart contre les idéologies fascisantes, et non pas, permettre l’installation d’un régime autocratique qui, de surcroît, continue de s’allier avec les tenants de l’islam politique, ceux en tout cas qui ne mettent pas en danger le système. Et enfin, il ne fallait pas aller vers une compromission avec les islamistes en vue de domestiquer soi-disant ces mêmes islamistes. Alors qu’ils étaient vaincus militairement, il fallait les combattre idéologiquement. Or, au moment où l’islamisme était vaincu sur le terrain militaire, on l’a réhabilité sur le terrain politique. En réalité pour en faire un alibi politique. Et pire, on a, toujours avec ce petit esprit de petits bricoleurs, appliqué une partie de sa politique au point de faire de l’Algérie le pays le plus perméable à des segments importants de l’idéologie islamiste. Tertio, les témoins de Khaled Nezzar, à l’époque, comme ceux de la partie adverse, n’avaient à aucun moment, signé de pétition appelant la justice française à pencher d’un côté au lieu d’un autre. Les uns et les autres avaient, dans le cadre d’une polémique à caractère politique, défendu leurs points de vue. Enfin, j’avoue, car dans la vie il faut aussi savoir avouer ses erreurs : s’afficher aux côtés de Khaled Nezzar fut une faute. Une erreur monumentale que j’ai commise, car je ne disposais pas des informations aujourd’hui en ma possession. J’avais alors adopté une position politique pour défendre mes convictions et certainement pas pour aller au secours d’un symbole de ce régime nauséeux qui continue de martyriser les Algériens et de violer toute une nation.

Enfin, cette pétition aura eu le mérite au moins de nous dévoiler ceux qui, en Algérie, veulent un vrai changement et une réelle démocratisation du pays et ceux qui, comme ces pétitionnaires, se laissent complaisamment instrumentalisés dans des luttes claniques aussi absurdes que néfastes en attendant récompense comme toute clientèle qui ne se respecte pas…

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zombo l 20/04/2014 17:21

La justice en algerie est auxiliaire des services de securite et partie prenante dans la repression du peuple algerien

el djezzar 03/01/2012 14:19


chkoun ? Nezzar ? A sa place, j'écrirai une lettre d'excuses au peuple algérien, il n'a rien sauvé du tout à part sa villa à Hydra et la poissibilité d'aller
se soigner en Suisse après un passage au Bureau militaire de l'ambassade. Ils taitent tous la vache laitière qui s'appelle Algérie et ils considèrent le peuple comme un troupeau. Mais dans le
fond ils ont raison de ne pas nous respecter quand ils voient qu'à chaque fois qu'ils claquent les doigts, le troupeau se met au garde à vous et les béliers avec les brebis les plus connus vont
signer les pétitions. Aya les personnalités, aya l'élite algérienne répétez après moi, bêêêêêêêêêeeeeeee 

tipanda 31/12/2011 00:22


Justice ? Vous avez dit "justice" ?

Dordague 30/12/2011 16:04


Ya bou rab, ils n'ont pas honte. Ils veulent quoi : un poste minéstériel ? Qu'ils aillent d'abord à la rencontre de cette population algérienne qu'ils ne conaissent même pas

Vendemiaire 30/12/2011 12:07


Je ne sais quoi penser de ce "déballage" tous azimuts. Toutefois, pour essayer de comprendre  ce qui se passe en Algérie, je crois que la tâche doit être plutôt confiée à des scientifiques
"dépolitisés". Les invectives des uns et des autres n'élèveront aucunement le débat. Ce que Mr. Sifaoui rapporte dans ses écrits est, certes, nécessaire, d'abord pour la liberté d'expression,
ensuite, comme tout journaliste qui se respècte, pour "porter la plume dans la plaie" comme disait Albert Londres. Mais est-ce que cela fera avancer la discussion? J'entends les accusations
lancées tantôt aux responsables du DRS, tantôt aux islamistes, mais le peuple dans tout cela? Est-ce que nous n'avons pas une part de reponsabilité dans ce qui se passe en Algérie? Comment
explique-t-on, par exemple, qu'un "boulahia" déscolarisé soit plus persuasif qu'un étudiant universitaire? On est, pour la plupart, issus des quartier populaires, et on a tous assisté à des
"discussions nocturnes de quartier" où le "boulahia" prend souvent l'ascendant discursif sur le lettré. Pourquoi? J'ai vu dans l'un des articles que le nom d'Annah Arendt a été évoqué et je m'en
réjouis, moi j'aimerais parler du philosophe Jacques Derrida (wlid lebiar soit dit en passant) et son concept de déconstruction, lequel concept siérait très bien à la situation que vit l'Algérie.
Pour finir, je ne discuple ni l'armée ni les islamistes sur ce qui est arrivé et ce qui arrive en Algérie. Cependant, je pointe aussi la responsabilité de la société civile, pourquoi l'intégrisme
idéologique est en force dans l'Algérie du troisième millénaire plus ou moins pacifiée, alors qu'il était en nette diminution durant les années de braise, où la menace était plus croissante, mais
cela relève des sociologues et des philosophes, certainement pas des journalistes.   

Ali 30/12/2011 09:40


Azul,


La pétition dénonce, à juste titre, la barbarie intégriste dont nous avons souffert - et dont nous continuons de souffrir-, mais que nous n'avons cessé de combattre. Mais, pas une allusion au
rôle néfaste et à la terreur du régime, depuis l'indépendance auquel a appartenu Nezzar et la plupart des pétitionnaires, envers ce même peuple. S'il y a bien quelqu'un qui a sauvé l'Algérie
d'une Afghanisation certaine, ce sont ces soldats-enfants du peuple et le peuple qui a résisté courageusement. Ce sont ces deux jeunes filles, entre-autres, enseignantes, originaires de Bouira,
rencontrées à Palestro têtes sans fichus, au plus fort des assassinats du G.I.A, et qui continuaient à braver l'interdit pour dispenser le savoir. Les cris de vierges effarouchées lancés par des
loups, croyant nous duper encore une fois, ne tromperont plus personne. Chacun son Algérie et Dieu reconnaîtra les siens. Salutations fraternelles Mohamed.

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