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Blog de Mohamed  Sifaoui

Blog de Mohamed Sifaoui

- Des opinions qui refusent la compromission -


De grâce ! Dites à Ben Bella de se taire

Publié par mohamed sifaoui sur 11 Mai 2011, 18:54pm

Catégories : #mohamed-sifaoui

BenBella2.jpegIndécente ! Je ne trouve pas un autre adjectif pour qualifier la sortie médiatique de l’ancien président algérien Ahmed Ben Bella sur les colonnes de l’hebdomadaire Jeune Afrique.


Le chantre du pouvoir personnel, en éternel « calife de Bagdad », s’est érigé en donneur de leçons comme si l’âge était en soi un argument suffisant pour écrire (ou réécrire) l’Histoire, évaluer les hommes et les sociétés.

Mais en délivrant ses « bons » et ses « mauvais » points, sauf nous souligner le fait que ses parents étaient des « Marocains » (tout comme Abdelkader Bensalah, la tête de file au Sénat), Ahmed Ben Bella a oublié de nous préciser quel type de président était-il.

Tout comme Abdelaziz Bouteflika – son vieil adversaire et désormais protecteur -, Ben Bella est l’enfant illégitime de la crise de l’été 1962. Tout comme l’actuel squatteur du Palais d’El Mouradia, il fut, lui aussi, coopté au sommet du pouvoir, au mépris de l’avis du peuple.

Celui qui, aujourd’hui, fustige Habib Bourguiba, le despote éclairé, par animosité personnelle, omet de nous rappeler qu’il fut incapable de doter l’État algérien d’une Constitution moderne.

Au moment où l’ancien président tunisien consacrait la laïcité et les droits de la femme, lui, le mauvais élève de Nasser, rédigeait pour les Algériens un texte fondamental, inspiré principalement par Chaouli, son conseiller de l’époque, cadre de la confrérie des Frères musulmans.

On comprendra pourquoi la Tunisie qu’il dénigre a su éviter la dérive islamiste et pourquoi le peuple algérien a été jeté en pâture, aux derviches tourneurs et autres illuminés qui, de Abassi Madani à Bouguerra Soltani en passant par tous les poilus soufis ou salafistes d’Alger à Tamanrasset, ont, avec l’aval d’un pouvoir ultraconservateur et incompétent, voulu parachever la politique de déculturation et d’abêtissement de la société algérienne.

C’est sa doctrine (elle est aussi celle du clan d’Oujda), qui permet aujourd’hui a un Yacef Saadi d’injurier une vraie combattante comme Louisette Ighilahriz, crachant par là même sur la mémoire de toutes ces femmes, militantes de la première heure de la cause nationale et qui, pour la plupart, contrairement aux usurpateurs et falsificateurs de l’histoire, ne vivent que de leurs maigres économies et non pas sur le dos de l’État.

Ben Bella, le donneur de leçon, celui qui ose critiquer Mohamed Boudiaf (qui serait un « zéro sur le plan militaire ») se prend aussi pour un Che Guevara ou peut-être pour un Napoléon des temps modernes.

Certes, lorsqu'on a essayé de faire assassiner son propre ministre de la Défense (Houari Boumediène), quand on a donné naissance à une milice chargée de réprimer, d’arrêter, de torturer et d’exécuter les opposants, lorsque son seul fait d’armes se résume à quelques balles et plusieurs fléchettes verbales, ponctuées par un « emprisonnement » dans un château (celui d’Aulnoy), quand on reçoit le pouvoir sur un plateau, quand on fut incapable de prévoir un coup d’État, quand on a profité de la crédulité des femmes algériennes leur prenant leurs bijoux pour alimenter « la caisse de solidarité » et quand enfin, on a fait surveiller ses collaborateurs, ses ministres et ses colonels par les services de renseignement d’un État étranger (l’Égypte), on peut, en effet, s’autoproclamer Maréchal.

On le peut d’autant plus aisément aujourd’hui dans la République des copains et des coquins. Je parle du pays des frères Bouteflika and co.

La plus grande indécence du vieux raïs sera cette appréciation à propos des Algériens. Les diriger, ce ne serait pas « très facile », à en croire notre expert. Seraient-ils ingouvernables ? Voire.

Un peuple qui, au lendemain de l’accession à la souveraineté nationale, dit « non ! » aux luttes de clans et à la guerre fratricide à travers son célèbre sebaa snine barakat [sept ans de guerre, ça suffit !], un peuple qui accepte le zaïmisme et constate, quelques mois seulement après l’indépendance, le clientélisme érigé en un mode de gouvernance, un peuple qui s’est laissé déposséder de son identité, un peuple qui a subi les régimes antidémocratiques et liberticides, un peuple qui a résisté au terrorisme, cependant que les ingrédients ayant permis l’émergence de celui-ci ont été réunis, en partie, par les politiques désastreuses menées depuis l’indépendance, un peuple, dis-je, qui ne se révolte pas lorsque le sieur Ben Bella, passa six mois à Paris dans un hôtel de luxe lorsque sa défunte épouse se faisait soigner en France et ce, aux frais de l’État ; un peuple enfin qui voit, toujours sans se révolter, cette corruption devenue endémique qui ronge le pays des frères Bouteflika and co, cette gabegie, cette clochardisation, ces arrivistes et ces mafieux, ce peuple est-il vraiment aussi difficile ou aussi ingérable ?

L’ancien raïs avait, en réalité, un seul message à l’adresse des Algériens. Cherchant probablement à venir en aide au « petit frère » Abdelaziz Bouteflika qui observe sa fin de règne, il a voulu dire aux Algériens : « c’est de votre faute, vous ne méritez pas autre chose ».

C’est l’idée que cherchent à véhiculer en effet plusieurs caciques du régime, espérant ainsi décourager toute revendication à caractère démocratique. Ils sont en train de nous dire : « vous êtes un peuple d’ignares et de barbares, donc inaptes à la modernité et à la démocratie ».

Pour se donner bonne conscience, les Ben Bella, Bouteflika and co, ont toujours voulu infantiliser les Algériens. Il paraît que nous ne méritons pas autre chose que la matraque. Idée qu’ils sont arrivés à faire admettre à plusieurs pans de la société.

Oui ! La sortie médiatique de Ben Bella (et surtout son contenu) est d’une indécence rare, notamment en ces temps troubles. Ces hommes du passé et du passif, qui continuent de gérer notre gérontocratie, ne peuvent plus berner les Algériens.

Ben Bella, Bouteflika, Chadli et consorts appartiennent désormais à ce qu’il y a de plus triste dans l’Histoire de l’Algérie. Ils font partie de ceux qui ont dépossédé les Algériens de leur pays et ils sont les responsables de nos malheurs.

Alors de grâce ! Laissez-lui sa résidence d’État (avec piscine), payez-lui ses soins et sa tisane, achetez-lui des pyjamas, des Djellabas et des pantoufles, offrez-lui des vinyles d’Oum Kalthoum ou de Abdelwahab Doukkali et dites-lui de rester chez lui, de s’occuper de son jardin, mais surtout demandez-lui de se taire.

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mohamed 20/06/2011 17:53



les memoires du conseillé egyptiens tewfik chaoui  du gouvernement algerien de 1962, contrairement à ce que vous avez ecrit , il n'etait pas vraiment daccord avec benbella sur beaucoup de
choses, vous devriez lire ses memoires


http://www.4shared.com/document/0ZqnHfEx/_____.html


 



mohamed 17/06/2011 17:10



le conseiller juridique egyptien de benbella  c'etatit "tewfik chaoui" et non "chaouli", ses memoires sont sur internet ; corrigez votre article monsieur sifaoui



mohamed sifaoui 20/06/2011 11:42



Merci beaucoup pour votre vigilance, je vais revoir cela.



Louisa Achour 16/05/2011 19:12



Assalam alaykoum,


Premièrement, je suis agréablement surprise, faut que je lise votre nouveau livre sur bouteflika. Ensuite, je trouve aussi les propos de Ben Bella déplacé, surtout à l'égard de Mohamed Boudiaf
(qu'Allah l'agrée). Mais nous avons affaire à des dinosaures comme les appelle Fellag, et il n'est donc pas anormal qu'avant sa mort, Ben Bella cherche à se faire passer pour une momie.



tipanda 12/05/2011 08:56



Bon, le voilà rhabillé pour l'hiver !


C'est un geste salutaire pour la démocratie.



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