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Blog de Mohamed  Sifaoui

Blog de Mohamed Sifaoui

- Des opinions qui refusent la compromission -


N'oublions pas les attaques que subit la laïcité !

Publié par mohamed sifaoui sur 22 Janvier 2009, 21:16pm

Catégories : #mohamed-sifaoui

Les problèmes du Proche-Orient ne doivent pas nous faire oublier les autres batailles à mener. L'une d'elles, c'est une nécessaire mobilisation pour faire avorter la « loi contre le blasphème » que certains pays musulmans tentent de faire passer à l'ONU avec la complicité de quelques Munichois.
L'opinion publique doit rester vigilante et mobilisée. Si nous ne pouvons plus critiquer les dogmes et les religions ; les idéologies et les doctrines, cela voudra dire que les fanatiques de tous poils ont gagné.
Même en tant que croyant, j'aime bien blasphémer parfois. Pas vous ?



Pétition


« L'ONU contre les droits de l'homme »


Date 28 février 2008 (date modification 20 décembre 2008)

Texte parue une première fois dans Le Monde, 28 fév. 08


L'année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme par l'ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d'années, par ses dérives, l'ONU s'est caricaturée.

A Durban, en Afrique du Sud, s'est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l'initiative des Nations unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d'avocat. C'est au nom des droits des peuples que furent scandés des "mort à l'Amérique !" et "mort à Israël !" ; et c'est au nom du relativisme culturel qu'on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes.

Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa Commission des droits de l'homme, l'ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l'homme (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd'hui, le constat est plus qu'amer : c'est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l'élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d'une nouvelle et très particulière "déclaration des droits de l'homme", la mise à mort de l'universalité des droits.

Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s'y constituent, les discours qui s'y tiennent, les textes qui s'y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d'expression, légitiment l'oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales.

Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l'encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l'acte et les violences de demain. Une triple alliance composée de la Conférence des organisations islamiques (OCI), représentée jusqu'à ce jour par le Pakistan, du Mouvement des non-alignés, où Cuba, le Venezuela et l'Iran ont un rôle central, et de la Chine - avec la complaisance cynique de la Russie - œuvre ainsi à la mise en place d'une véritable révolution prétendument "multiculturelle". Ainsi, le rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, Doudou Diène, déclare d'ores et déjà qu'énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port des signes religieux à l'école participe du racisme antimusulman, renommé "islamophobie occidentale".

La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C'est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d'être cautionnée par l'ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l'islam, parce que supposée relever d'attitudes néocolonialistes, les porte-parole de cette nouvelle alliance serrent un peu plus le garrot qu'ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d'une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion. En septembre 2007, la haut-commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, participait à une conférence à Téhéran consacrée aux "droits de l'homme et (à) la diversité culturelle". Portant le voile, comme la loi de la République islamique l'exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l'énoncé des principes à venir, ainsi résumés : "offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste".

Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C'est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d'Israël, pays membre de l'ONU, créé par cette dernière. Interrogée sur son silence, la haut-commissaire a justifié sa passivité par le respect de la loi iranienne, auquel, en tant que juriste, elle s'estimait tenue, et par souci de "ne pas offenser ses hôtes". Charbonnier est maître chez soi... C'est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d'opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d'une institution internationale impuissante, mais dont les principes n'étaient au moins pas dévoyés comme ceux de l'ONU aujourd'hui.

Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l'acte. De Mein Kampf à Radio Mille Collines, de Staline à Pol Pot, les exemples abondent pour confirmer la nécessaire extermination de l'ennemi du peuple au nom de la race, au nom de l'émancipation des masses laborieuses ou au nom d'un ordre supposé divin. Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues "d'avenir radieux" ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c'est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l'histoire fut commis.

Face à cette stratégie, les démocraties, d'abord soucieuses de leur balance commerciale, font preuve d'une extraordinaire passivité. Que pèse le sort du peuple tibétain face aux enjeux des exportations vers la Chine ? Quel est le prix de la liberté pour Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néerlandaise, menacée de mort, après l'assassinat en 2004 de son ami le réalisateur Théo Van Gogh, accusé d'avoir blasphémé l'islam dans le film Soumission ? Les exemples s'additionnent qui, de Taslima Nasreen à Salman Rushdie, de Robert Redeker à Mohamed Sifaoui, apportent la preuve que l'intégrisme islamiste impose sa loi par la terreur. Combien d'Algériens, de femmes au Maghreb, au Proche-Orient, en Turquie, au Pakistan ont déjà payé du prix de leur vie le refus de se soumettre à l'obscurantisme religieux ?

Si, par malheur, l'ONU devait consacrer l'imposition de tels critères, si le blasphème devait être assimilé à du racisme, si le droit à la critique de la religion devait être mis hors la loi, si la loi religieuse devait s'inscrire dans les normes internationales, ce serait une régression aux conséquences désastreuses, et une perversion radicale de toute notre tradition de lutte contre le racisme, qui n'a pu et ne peut se développer que dans la liberté de conscience la plus absolue.

L'Assemblée générale de décembre 2007 a déjà entériné des textes condamnant des formes d'expression considérées comme diffamatoires de l'islam. L'enjeu est clair, il est mondial : c'est de la défense des libertés de l'individu qu'il est question.

Soit les démocraties se ressaisissent, à l'exemple du Canada, qui vient d'annoncer son refus de participer à la conférence de Durban 2, estimant qu'elle risquait d'être "marquée par des expressions d'intolérance et d'antisémitisme", et cessent de s'abstenir ou de voter des résolutions contraires à l'idéal universel de 1948, soit l'obscurantisme religieux et son cortège de crimes politiques triompheront, sous les bons auspices des Nations unies. Et lorsque les paroles de haine seront transformées en actes, nul ne pourra dire : "Nous ne savions pas."

Premiers signataires : Elisabeth Badinter, Adrien Barrot, Patrice Billaud, Pascal Bruckner, Jean-Claude Buhrer, Chala Chafiq, Georges Charpak, Christian Charrière-Bournazel, Bernard Debré, Chahdortt Djavann, Jacques Dugowson, Frédéric Encel, Alain Finkielkraut, Elisabeth de Fontenay, Patrick Gaubert, Claude Goasguen, Thierry Jonquet, Liliane Kandel, Patrick Kessel, Catherine Kintzler, Claude Lanzmann, Michel Laval, Barbara Lefevbre, Corinne Lepage, Malka Marcovich, Albert Memmi, Jean-Philippe Moinet, Jean-Claude Pecker, Philippe Schmidt, Alain Seksig, Mohamed Sifaoui, Antoine Spire, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michèle Tribalat, Michèle Vianes, Elie Wiesel, Michel Zaoui.



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claudie 15/03/2009 23:13

ce site est approprié : je viens de voir le film de Gad Elmaleh "Chouchou" je ne le connaissais que peu...s a v o u r e u x..........quel air frais...... de l'humour très fin, du respect,de l' h u m a n i t é...ce petit vent du sud qui nous manque tant et les trois "religions" de vie laique y sont représentées...."moi,c'est l'autre"...j'espère que vous l'avez vu..simplement pour dire..

claudie 13/03/2009 10:05

Bonjour à vous,je viens ici car je pense que c'est approprié à un de vos écrits..Un ami vient de m'envoyer une video (je l'avais vue) parue sur You Tube,qui va,paraît-il, être retirée, parue via "Novopress.info".Recherche faite par une journaliste Belge,d'origine Marocaine : Hind Fraihi dansun quartier de Bruxelles ... assez édifiant et pourtant je m'y suis parfois rendue (chez des commerçants) et jamais je n'ai eu de problème...je dirais que je m'y étais rendue avec appréhension un jour devant conduire ma fille nommée p/o un jury dans une école d'art, je ne trouvais mon chemin  : quel gentillesse et accueil "extraordinaire" ce m'a fait chaud au coeur...néanmoins certaines factions religieuses prennent possession des humains..Bonne journée.

claudie 26/01/2009 12:41

Oui,mais il est aussi beaucoup de gens de "bien"...dans la vie pratique et mentale de tous les jours...ceux là on n'en parle pas...ce serait bien que tout journal télévisé se termine (et non commence car c'est le dernier qui a parlé qui...) par une note positive de par le monde et l'on serait étonné qu'il y en ait peut-être plus que ceux dont on n'arrête pas de parler.... pourquoi personne ne le fait? qu'elle cause désservirait elle?
BONNE JOURNEE!

Caspard 25/01/2009 11:50

Rebonjour Mohamed.Voilà, j'ai choisi, puisqu'est loin de moi l'idée de mettre de la distance! Je dois avouer que jamais l'idée ne m'était venue que mon en-tête pouvait être péjoratif. Je mettais "monsieur" par respect, et "Mohamed" justement pour ne pas faire trop cérémonieux.Veuillez m'excuser de mon erreur.J'en profite pour ajouter que je suis aussi tout à fait en accord avec ce qu'écrit Claudie (n°7), et que je pourrais donner à la pelle des exemples de gens qui agissent à  l'inverse de ce que leur "religion" leur commanderait - mais nous en connaissons tous des quantités ...J'en profite également pour dire un mot à Smaïl d'Alger. Dire : "Ah! ces convertis, ils pèchent toujours dans l'excès inverse" (citation approximative) est encore une affirmation globalisante, donc injuste et certainement fausse.Quant à accuser Mohamed de refuser d' être "lui-même", de trahir ses origines et ses traditions, j'aimerais demander à Smaîl, d'abord ce que signifie "être soi-même" (encore une expression donnant lieu à des interprétations nombreuses!), et, à supposer que Mohamed rejette ses origines (ce qui reste à prouver, et n'est encore qu'une affirmation gratuite), en quoi cela serait-il condamnable ?Nous avons tous bien des "identités" différentes, vouloir s'enfermer dans une seule est justement cause de conflits et de violences, et, à la limite (je ne parle pas ici de Mohamed en particulier), chaque être humain naît dans un milieu QU'IL N'A PAS CHOISI, et devrait avoir le droit, s'il ne s'y sent pas bien, de pouvoir en SORTIR librement!

Caspard 24/01/2009 16:58

Bonjour monsieur Mohamed.D'abord une question à Sophie Atané (n°3) : vous-même, que faites-vous pour défendre la laïcité? Notre époque est trop matérialiste? Je pense au contraire que nous assistons à un retour du religieux de toutes parts, et  d'une façon terrorisante! Et puis, on donne souvent au mot "matérialisme" un sens péjoratif qui n'est peut-être pas du tout son sens exact - d'ailleurs, quand des mots peuvent avoir de nombreuses interprétations, comme celui-ci, il est si facile et réducteur de ne lui en reconnaître qu'une!!!"ILS" ne croient plus à rien, songeant à acheter leur beau canapé de cuir, et au crédit pour leur superbe 4/4 ..."QUI sont ces "ILS" ? Avez-vous encore d'autres poncifs à sortir de votre placard? Et faites-vous partie de ces "ILS" - après tout, qui sait? Je ne m'attarderai pas davantage là-dessus, cela n'en vaut pas la peine ...A propos de tous vos derniers articles, j'aimerais dire ceci : monsieur Mohamed, vous êtes admirable! Répondre à certains commentaires relève je crois de l'héroïsme..."LE BON SENS EST LA CHOSE DU MONDE LA MIEUX PARTAGEE"S'il ressuscitait pour être témoin de notre époque, monsieur de Descartes ravalerait certainement ses paroles, aurait-on envie de dire!...Mais voici la citation complète :"Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en tout autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils n'en ont"        (Discours de la méthode)Ce qui change tout, et signifie le contraire de ce que la citation tronquée pourrait laisser penser!Car cela signifie que TOUT LE MONDE suppose être pourvu de suffisamment de bon sens pour se sentir intelligent, dénué de sectarisme, détenteur de la Vérité vraie et unique! Et chacun aurait tendance à se fâcher si on lui conseillait plus de "bon sens" ...Ainsi se comportent nombre de nos élus et dirigeants, chefs religieux de tout acabit, grands esprits auto-proclamés, et, parmi des internautes respectueux, compréhensifs, sans parti pris, préférant douter et s'interroger, combien d'autres font preuve d'une morgue, d'un sectarisme, quand ce n'est pas d'une attitude insultante ... vraiment sidérants!Oui, monsieur Mohamed, votre courage et votre volonté sont à saluer bien bas!Meilleures pensées.

mohamed sifaoui 24/01/2009 19:27


Il est courant chez vous de dire Monsieur + prénom. Dans la langue française on dit Monsieur + nom, sinon c'est prénom tout court, sinon, si c'est un personnage public, c'est prénom+nom enfin si
c'est l'état civil, c'est nom + prénom.
Alors je préfère que vous m'appeliez Mohamed. Si vous voulez mettre de la distance appelez moi M. Sifaoui, si vous considérez que je suis un personnage public appelez moi Mohamed Sifaoui. Vous avez
donc le choix et j'espère que vous ne le prendrez pas mal. Mais l'appelation Monsieur + prénom, a des côtés très péjoratifs.
Merci à vous


berbeur 24/01/2009 02:11

Monsieur Sifaoui est ce que le prix nobel de la paix vous intérésserail? Seriez vous candidat pour la séléction? ce n'est une critique ,juste un sondage...merci de me répondre..

mohamed sifaoui 24/01/2009 09:45


Cela ne fait pas partie de mes objectifs dans la vie. Et je pense que les honneurs et les médialles doivent être attribués au bout d'une carrière voire à la fin d'une vie, j'espère que vous ne
pensez pas que je dois disparaître sous peu. Je suis encore trop jeune.
Enfin, je ne pense pas avoir fait quoi que ce soit pour mériter un tel honneur. Non ! Je préfère le laisser à ceux pour lesquels il est important de recevoir des prix, ce n'est pas mon cas. Du
moins, pas pour l'instant. Reposez moi la question dans une trentaine d'années, peut-être que j'aurais changé d'avis qui c'est ?
Bien à vous


Claudie 24/01/2009 01:31

Oui,moi aussi j'aime bien parfois blasphémer,d'autant plus que certains "religieux" n'appliquent en rien ..mais alors RIEN de ce qui serait inscrit dans la philosophie de Vie prônée par le,la,les religions...
Un vrai religieux est,je pense  et j'ai eu "parfois" l'occasion d'en rencontrer, un homme sage,d'une grande humanité,ouverture et a le respect de tout autre que lui, sans pour cela être nécéssairement d'accord avec ses pensées.Veuillez m'en excuser mais ces hommes politiques et de guerre ne sont pas les religieux qu'ils prétendent être. Ne les intéressent que leur prise de pouvoir et domination surdes personnes qui ont un idéal en eux et pensent que "celui là" pourrait le réaliser à défaut d'y arriver eux-mêmes...ils délèguent leur pouvoir et ne se rendent compte à qui..Alors oui : il faut blasphémer! Je pense?Quant à l'O.N.U. au départ ce ne devait être un organisme politique! Il a dévié totalement de sa source et son eau se tari par incapacité de rester libre dans son jugement."Mourir pour des idées...d'accord mais de mort lente" disait G.Brassens...Combien de morts pour des "idéaux"..l'idée de base était grandiose mais a été utilisée à ses propres fins...Oui,il faut se battre contre les abus de toute religion ou politique qui devient une dictature et est déviée de son sens...Sur ces belles considérations, Bonsoir à vous..

mohamed sifaoui 24/01/2009 09:40


Merci et entièrement d'accord avec vous.


isaac 23/01/2009 12:47

boujour
ne pensez vous pas que l'onu est mal fait
a chaque fois qu'il y  a un conflit il essaye de le regler apres que celui ci est deja bien commencer
comme celui qu'on vient de voire ils aurait peut etre pu l'eviter en reglant le probleme des requette qui a dure pendant 8 ans et dans ce cas la les israeliens n'aurait pas commencer cette guerre
et bien sur regler le probleme de l'embargo qui fait souffrir le peuple palestiniens
de meme que du fait que  les pays de l'onu sont en grande partie musulman cela ne fausse pas l'egalite par rapport a israel et c'est peut etre cela qui a provoque ce qui c'est passe a durban
 

Smaïl d'Alger 23/01/2009 11:54

Cher monsieur Sifaoui ;Il n’est nullement pour moi l’intention de faire dans la correspondance épistolaire, quoique ce soit toujours pour moi un plaisir intellectuel intense d’écrire sur les choses de l’esprit loin de toute polémique stérile, mais je voudrais vous dire que mon précédent message s’est voulu s’attarder sur vos positions que je considère, de mon point de vue, extrêmes voire extrémistes par rapport à certains sujets dont notamment la question de la religion. J’aurais aimé sincèrement vous voir faire votre mise au point légitime précisément sur ce sujet là, et non vous voir faire des digressions mélancoliques sur votre vécu quand vous étiez Algérien –de nationalité s’entend-. Maintenant, que vous ne l’êtes plus, je crois que la décence morale et la bienséance intellectuelle exigent que vous ne parleriez plus de ce pays à la première personne du singulier. Ce pays avec ses défauts, ses travers et ses espoirs déçus, ne peut pas en toute logique être réduit à une certaine image réductrice et complètement déformée. Ce grand pays a comme richesse un peuple extraordinaire, des braves qui ont affronté l’hydre intégriste avec courage et bravoure dont beaucoup y ont laissé leur vie. C’est grâce à eux justement que le régime républicain a été sauvé (je ne parle pas du pouvoir mais de l’Etat en tant que notion globale), et que de jolies et superbes filles pavanent aujourd’hui dans nos rues au grand plaisir des yeux ! Cela paraitrait peut-être anecdotique sous d’autres cieux, mais c’est un fait très significatif pour les gens qui ont vécu le cauchemar terrorite et qui comprennent parfaitement ce que je dis. J’en parle sans aucun esprit chauviniste venant d’un patriotard zélé. Je suis comme des millions d’Algériens ayant né post indépendance et vécu de plein fouet tous les bouleversements socio-économiques et politiques du pays, à commencer par l’école algérienne dont je suis l’exemple typique et stéréotypé du jeune universitaire « arabisé » malgré lui. Dieu merci, on arrive à nous débrouiller dans la vie et on se dit qu’on est, malgré tout, pas si mauvais par rapport à nos semblables dans d’autres pays comparables. Votre plume distinguée au plan linguistique stricto sensu en est une autre illustration de ce que je viens de dire.Ceci dit, je voudrais vous dire que je ne suis pas un édile qui juge l’opinion des gens. Je suis un démocrate jusqu’à la moelle. Je suis un esprit libre qui fait de l’autocritique d’une manière lucide. Je me considère faisant partie de ce peuple fier, rebelle et digne qui parle avec l’échine bien droite, c’est ma culture et c’est mon éducation et j’en suis fier malgré ses excès. La critique quand elle est bâtie sur des démonstrations intellectuelles, sur des réflexions pertinentes et dûment argumentées, sur un foisonnement d’opinions raisonnées et raisonnables, est celle que je préfère par rapport aux idées préconçues et les prismes réducteurs. C’est ma position.Voilà, et tout en vous exprimant mes amitiés sincères, je vous prie de bien vouloir comprendre qu’on peut ne pas avoir les mes opinions quand bien même nous partageons des principes universelles que d’autres récusent voire combattent frontalement.Recevez l’expression de mes sentiments tout aimables. Smaïl d’Alger, esprit critique et espiègle !

mohamed sifaoui 23/01/2009 12:25


Cher Smaïl, Mais ce que vous me décrivez là - bien que je considère qu'il n'est plus totalement conforme à la réalité - je le connais parfaitement. Je n'ai rien contre l'Algérie ni contre les
Algériens. Et ce n'est pas vous jeter des fleurs, mais si la majorité était comme vous, j'aurais été le plus heureux des hommes. Et détrompez vous, je ne renie rien, rien du tout. Simplement, j'ai
les pieds sur terre. Et bien que cela fait dix ans que je n'ai pas remis ces mêmes pieds en Algérie, je sais que les choses empirent. Ce n'est pas parce que ces jeunes filles pavanent - mais ne
peuvent plus se mettre en bikini dans la plupart des plages tant les regards inquisiteurs fusent quand ce ne sont pas les insultes ou les agressions - que le pays se relève pour autant. ce n'est
pas parce que les Algériens peuvent consommer, installer des antennes parabolique et rouler en 4x4 que le pays se développe. Cette illusion qui est consciemment entretenue via les outils modernes
de consommation et les signes extérieures de richesse, ne font pas un pays, ni une société civile, ni une culture, ni rien. Alors oui, je sais qu'il y a des gens (une minorité) qui sauvent
l'honneur face à la médiocrité généralisée. J'ai eu une réflexion il y a quelques jours en visionnant certains vieux films algériens en noir et blanc. je ne parle pas de ceux qui ont, en partie,
travesti l'histoire et endoctriner la population, je parle de ces films d'humour qui ont révélé des Hadj Abderrahmane, des Hassan Al-Hassani et bien d'autres. Je me disais mais ou est le cinéma
algérien, ou est le théâtre, ou est le football, ou est l'humour, ou est la joie de vivre, la création, etc. Quand vous regardez la télévision algérienne vous avez , je le pense, comme moi un
pincement au cœur. Je suis fatigué de voir qu'entre un prêche interminable qui prône l'intolérance et la haine de l'autre et une causerie soi-disant religieuse qui répand la bêtise et
l'autosatisfaction, il n'y pas autre chose que la voix du muezzin ou un JT qui rend hommage à notre nouveau "commandeur des croyants". C'est tout ceci qui me fatigue. Je finirai par deux points qui
résument parfaitement ce que je veux dire et les raisons de l'état d'esprit que je développe. J'ai terminé il y a peu de temps, la lecture du livre qu'avait écrit feu Mohamed Boudiaf en 1963 : "Ou
va l'Algérie ?". C'est incroyable, mais en le lisant je me croyais toujours en 1963. L'autre point, un important homme politique algérien que j'ai rencontré récemment à Paris me faisait part d'une
discussion qu'il a eu avec celui qui sert de président en Algérie. L'homme politique lui dit : "M. le Président, il faudrait que vous misiez davantage sur nos cadres installés à l'étranger". Sur ce
Bouteflika répond : "Mais laissez tomber, je ne veux pas entendre parler d'eux". L'homme politique interloqué renchérit "Mais pourquoi donc M. le Président ?". Celui qui sert de chef d'Etat
répondit alors : "Laissez tomber je vous dis, ils sont INCONTROLABLES" Incontrôlables, c'est cela le problème en Algérie et plus globalement des régimes illégitimes des pays arabes. Ils veulent
tout contrôler. Et donc, même un esprit libre comme le vôtre les gène s'il venait à dépasser les limites qu'ils ont eux même tracer. Et cela pour moi, ce n'est plus acceptable, c'est même
condamnable. Ils nous considèrent comme leur bétail, et ils se comportent avec nous comme si nous étions du bétail. Alors vous savez fort bien que vous n'êtes pas plus poule que moi que je ne suis
plus chien que vous. Raison pour laquelle, nous devons laisser de côté nos divergences accessoires et nous battre contre l'essentiel, cette pensée pourrie et rétrograde qui a fait fuir près d'un
million de personne en quinze ans. Vous allez me dire que je suis extrémiste, je vous répondrai non, j'ai choisi d'être radical et de ne plus accepter de compromis avec les tenants de l'ignominie
et les promoteurs de la bêtise. Bien cordialement


Quignon 23/01/2009 11:16

Texte très juste, et plein de bon sens.Pour les deux 1ers commentaires, ils sont l'exemple parfait de ce que vous dénonciez dans un autre article.Les musulmans sont tres majoritairement incapables de condamner les  pires exactions de leurs frères.Ils vont battre le pavé et se mettent en scène quand il s'agit de la palestine, mais on ne les entend absolument jamais quand il s'agit d'attentats entre sunnites et chiites, d'assassinats au darfour, ou d'appel à la destruction par l'Iran.Ce deux poids deux mesures est de plus en plus insupportable, et leurs critiques à l'égard de Monsieur Sifaoui sont au comble de leur bêtise pathologique. 

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