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Blog de Mohamed  Sifaoui

Blog de Mohamed Sifaoui

- Des opinions qui refusent la compromission -


Mais à quel « lobby » appartient Pascal Boniface ?

Publié par mohamed sifaoui sur 25 Novembre 2008, 14:07pm

Catégories : #mohamed-sifaoui

Pour ceux qui ne connaissent pas Pascal Boniface, il faudrait tout de même leur présenter le personnage. Directeur d'un « centre de recherche », Boniface s'est distingué ces dernières années par des positions pour le moins ambiguës sur le conflit israélo-palestinien et sur la question de l'islam politique. Et comme l'ont déjà souligné certains observateurs, il surfe sur une ligne qui se situe à la limite de l'antisémitisme non avoué et non assumé. Je m'en explique, ce Monsieur qui se veut « chercheur » objectif, froid et distancié, qui se présente - ou est présenté -  comme un « expert » des questions internationales ne cesse de distiller des idées que je trouve tantôt suspectes tantôt nauséabondes. Des idées à travers lesquelles il cherche à alimenter une pensée antisémite de plus en plus visibles dans certains cercles de l'extrême gauche et notamment dans les milieux islamistes.
En lui, je vois également l'idéologue qui se cache derrière l'habit du « chercheur ». De manière très hypocrite, il avait commencé à affirmer, la larme à l'œil, la main sur le cœur, regardant en direction des « Arabes », qu'il était impossible de critiquer Israël dans les médias français. Outre le fait que je trouve cette affirmation digne des plus grands ayatollahs islamo-gauchistes, je constate que ce « chercheur » ne se prive pas d'aller vers le ridicule pour faire passer des messages qui, en réalité, trahissent chez lui une hostilité à l'égard - non pas de l'État d'Israël, il en aurait à la limite le droit - mais en direction de ce qui est juif anti-islamiste, et notamment de ce qui est juif et sioniste.
Je sais qu'une certaine lâcheté existant en France veut qu'on tente de faire passer des messages douteux de manière très subtile surtout lorsqu'on se prétend de gauche. Parce qu'en réalité, Bruno Gollnisch, Dieudonné ou Jean-Marie Le Pen ne disent pas, hormis sur les questions liées au négationnisme et au révisionnisme, des choses très différentes de celles de notre « chercheur » surtout en ce qui concerne une éventuelle mainmise des juifs sur les médias, l'existence d'un « lobby juif » ou encore de l'impossibilité de critiquer Israël.
D'abord, je tiens à rassurer notre « chercheur » et quelques autres aussi. Je fais partie de ceux qui, depuis plusieurs années, critiquent la politique israélienne. Je l'ai fait y compris devant une assistance clairement pro-israélienne, je l'ai fait dans certains de mes articles et dans certains de mes livres. Mais je tiens aussi à lui préciser que je n'ai jamais formulé ces critiques en oubliant - comme il a tendance à le faire - que les attentats suicides, que l'islamisme du Hamas, que les tirs de roquettes sont l'expression d'un fascisme qu'Israël à le droit et je dirais le devoir de combattre. Je lui précise aussi que je ne suis pas de ceux qui estiment que les Palestiniens ont le droit à un terrorisme aveugle, barbare nourrit pas cette idéologie islamiste que je ne cesse de dénoncer par ailleurs sous prétexte que leur droit légitime à constituer un État n'est pas, pour l'instant, respecté. Et je lui rappelle enfin que lorsqu'on n'est pas alimenté par une haine des Juifs en général et des Israéliens en particulier, on se doit de dénoncer le terrorisme qui les vise. Ce n'est pas être dirigé, payé, « récupéré » ou recruté par un quelconque « lobby juif » que d'affirmer tout simplement des positions qui ne distinguent pas la victime de Tel-Aviv d'une autre victime tombée sous les balles ou les bombes assassines de l'islamisme à New York, Bagdad, Madrid, Alger, Londres ou Paris. Ce n'est pas parce que la politique d'un État est critiquable, condamnable - peut-être détestable - qu'on se doive d'applaudir au terrorisme, de montrer une indulgence lorsqu'il s'exprime ou encore de tenter de le justifier. À l'évidence, Pascal Boniface oublie ces principes parce qu'il est tout simplement aveuglé par son idéologie fort douteuse.
Je me rappelle que des personnes nourries par la même idéologie que la sienne applaudissaient, à travers leurs justifications et leurs « arguments » lorsque des civils tombaient à Alger dans des attentats islamistes. Comme Boniface, ils avaient du mal à condamner cette barbarie sous prétexte que le régime d'Alger est détestable. Bien que je partage le fait qu'il faille dénoncer les régimes antidémocratiques, totalitaires ou ceux qui se s'illustrent par une mauvaise gouvernance ou par des pratiques ne respectant pas les droits de l'Homme, il demeure qu'il serait scandaleux, criminel d'être indulgent face au terrorisme sous prétexte que tel État, tel gouvernement ou tel pays aurait une politique critiquable.  Pour moi, le premier des droits de l'homme qui doit être défendu est le droit à la vie. Et pour moi, le premier acte qu'il faille dénoncer est celui qui, nourri par une idéologie qui n'a rien à envier au nazisme, fauche les civils. Boniface, lui, ne semble pas accorder une grande importance à ce droit et ne semble pas outré par les actes criminels perpétrés par des intégristes.
Ce qui me fait aujourd'hui réagir, c'est en vérité la dernière sortie médiatique de notre « chercheur ». Le 3 novembre dernier, il était à Alger pour participer à un colloque en marge du Salon du livre qui s'est tenu dans la capitale algérienne. Et à cette occasion, il n'a pas hésité à distiller ses idées nauséabondes devant un public, en grande partie acquis. Il s'est d'abord attaqué à Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut et Philippe Val en affirmant que ces derniers, avec d'autres, commanditaient, en France, des « campagnes médiatiques hostiles à l'islam ». Et notre « brillant chercheur » a même avancé une explication. Selon lui, ces « campagnes » sont facilitées par l'inexistence, en Europe, d'un « lobby musulman ou arabe » capable de défendre son « image à l'instar du lobby juif ».
Outre le fait que connaissant les personnes qu'il cite, je sais que ses propos sont faux, calomnieux et malhonnêtes. Non, Boniface, détrompez-vous ! BHL, Finkielkraut et Val ne participent à aucune campagne contre l'islam. Les trois, avec tant d'autres et j'en fais partie, stigmatisent ce caractère fasciste contenu dans l'islam politique et que vous avez du mal à voir et je dirais avec lequel vous êtes si complaisant.
Les contrevérités de Boniface sont en plus dangereuses. Voilà un exemple type de propos qui visent, quoi qu'on en dise, à faire naître ou à entretenir l'antisémitisme auprès de certains musulmans et notamment chez les plus jeunes. Ainsi, selon ce « chercheur » fortement idéologisé par la pensée islamo-gauchiste, il existerait en France un « lobby juif » dont le but consisterait à ternir l'image des musulmans. Cette fois au moins, sa déclaration a le mérite d'être claire parce que jusque-là, il s'était empêché de franchir ce pas en estimant par exemple dans une interview donnée à ses amis islamistes de Oumma.com qu'« il y a effectivement un lobby pro-israélien qui dépasse le cadre de la communauté juive. Je ne crois d'ailleurs pas à l'existence d'un lobby juif ».
Si je considère que BHL, Alain Finkielkraut, Philipe Val ou bien d'autres ont le droit d'être des pro-Israéliens, tout comme Pascal Boniface a le droit d'être propalestinien, il demeure que je pense que notre « chercheur » veut utiliser la méfiance qui existe à l'égard de l'État d'Israël pour diaboliser tous ceux qui défendent des positions anti-islamistes  et ceux qui se disent proches d'Israël pour des raisons qui leur sont propres. Aussi, à travers une telle sortie, Boniface se montre sous son vrai visage : un ayatollah qui cherche à distiller la pensée islamiste au sein de la gauche. Et il faut reconnaître que jusque-là, il a plutôt bien réussi sa « guerre sainte ».
Je me rappelle qu'il avait aussi attaqué Caroline Fourest lorsque celle-ci avait été récompensée pour son excellent ouvrage intitulé « La tentation obscurantiste » (Editions Grasset). Il avait, en quelque sorte, vilipendé le prix attribué à Caroline Fourest en estimant que cette dernière était « une recrue qui mérite récompense ». Une « recrue » de qui ? Du « lobby juif » ? Le courageux Boniface avait alors soigneusement évité de livrer le fond de sa pensée préférant faire dans le sous-entendu, arme très prisée par les lâches.
Dans cette conférence tenue à Alger, Pascal Boniface me cite. Moi aussi, j'ai eu droit, en quelque sorte, à une fatwa. Et de quelle manière ! Il a « regretté » que des « musulmans comme Mohamed Sifaoui contribuent à cette campagne antimusulmane ». Voilà aussi un exemple type de diffamation et si ce n'était pas les difficultés techniques auxquelles on est confronté sur un plan juridique lorsque des propos diffamatoires sont tenus à l'étranger, je n'aurais pas hésité un instant à poursuivre ce « chercheur » devant les tribunaux afin de le mettre face à la gravité de sa calomnie. Cette phrase est d'autant plus grave qu'elle sonne dans mes oreilles comme une excommunication qui ne manquera pas de plaire aux intégristes qu'il semble défendre. Ces propos d'une extrême gravité peuvent constituer, dans le contexte actuel où je n'ai cessé de recevoir des menaces de mort, la justification d'une action visant mon intégrité physique.
Il faut s'appeler Pascal Boniface, cheikh truc ou le mollah machin pour estimer qu'une condamnation du terrorisme islamiste, de l'idéologie salafiste ou de la barbarie wahhabite « contribue à mener une campagne antimusulmane ». Il faut s'appeler Pascal Boniface pour penser que le musulman et Maghrébin que je suis doit obligatoirement accepter d'être « essentialisé » et d'appartenir à un « lobby musulman » ou à un « lobby arabe ». Il faut s'appeler Pascal Boniface pour oser de telles sorties médiatiques qui ne visent qu'à favoriser le communautarisme, à justifier les idées rétrogrades de l'islamisme et à donner naissance à une nouvelle forme d'antisémitisme. Enfin, il faut s'appeler Pascal Boniface pour faire preuve de tant de racisme et afficher tant de condescendance en jugeant finalement qu'un musulman ne devrait pas sortir de sa « communauté » et qu'il serait plus digne en défendant la barbarie et le terrorisme. Parce que c'est cela l'expression du nouveau racisme. Il tend à dire qu'un musulman se doit de se montrer complaisant à l'égard de la barbarie parce qu'en définitive, il serait inapte à la modernité et à l'humanisme. Et c'est contre ce type de racisme qu'il faudrait tenter d'immuniser la gauche, d'autant que certains de mes amis de ce bord politique restent malheureusement très perméables au discours d'un Boniface. Désormais, en tout cas, ils ne pourront plus dire qu'ils ne connaissent pas la vraie nature de ce « chercheur ».
Une chose que Pascal Boniface ne nous dit pas cependant. En effet, il ne veut pas nous révéler à quel « lobby » appartient-il.  
Source:

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Tietie007 24/08/2012 20:47


Il ne m'étonnerait pas que Boniface finisse un jour chez Soral !

fraid92 04/08/2011 20:22



Mr. Sifaoui,


Je vous ai lu avec attention et, vous l'avouerai-je, plus j'avançais dans ma lecture, plus je croyais lire du bhl.Le fait est que si l'on mettait vos propos dans la bouche d'un israelien en
remplaçant 'israelien' par 'palestienien', 'hamas' par 'likoud', etc..., il serait immédiatement suspect aux yeux des autres israeliens (sans parler des autorités). Et bien, c'est ce que vous
êtes à mes yeux, suspect.


Je ne comprend pas vos élans pro-sionistes, vous les trouvez donc si sympas que ça?


Bien à vous


 



Gérard Couvert 23/01/2009 09:35

C'est avec une certaine émotion que j'ai lu votre réponse ; vous êtes Monsieur Sifaoui, porteur d'une grande espèrance.

Gérard Couvert 23/01/2009 09:12

Monsieur, Soyez assuré que je n'attendrais pas que l'encre soit sèche pour lire votre prochain livre ; l'articulation entre l'Islam et la modernité est je crois une problématique majeure des décennies à venir. A vous lire, et malgré le support peu propice, on perçoit que les deux termes de l'équation à résoudre ne sont pas d'un contour très net ; si la modernité reste à définir et ne saurait se limiter à un consumérisme teinté de new-age, l'Islam, plus unitaire doit aussi être explicité. Vous même semblez hésitez entre son aspect spirituel (donc individuel ?) et sa part préemptive (donc politique !). Entre la culture, chères aux orientalistes (mais Tanger est plus à l'Ouest que Brest !), et le salafisme il y a matière à interrogations. Votre remarque sur le Pape s'applique aussi -quoique moins fortement- à la religion protestante et peut sans doute expliquer en partie la politique américaine ... le pape, pontifex maximus, nous voici revenus à l'Histoire et aux romains, avec leur vision d'une religion politique aux rituels festifs, laissant le champ de la spiritualité vraie à l'individu ; rendre à César ce qui lui revient, Saint-Paul, citoyen romain, s'oppose aux autres, avec lui les chrétiens abandonnent l'orient et rompent avec leur judaïté. En 1905 en France César à recouvré tout son bien ; c'est cela qui nous permet aujourd'hui, vous et moi, d'échanger ces propos ; moi l'agnostique dépourvu d'éducation religieuse, je peux lire, comprendre et apprécier que vous écriviez "une relation directe entre la créature et son Créateur" tout comme vous toléreriez mon opposition absolue et non-négociable à toutes formes de modification du rapport entre le temporel et le spirituel dans la société française. Mais au fond, votre francité, qui se montre déjà par le lieu de votre résidence et par l'usage parfait de notre langue, n'a-t-elle pas déjà rompu en vous le lien avec la geste de Mahomet ?
Soyez assuré, cher Monsieur, que si de Tombouctou à Bassora, des centaines de Mohamed Sifaoui, se levaient pour exprimer le nécessaire triomphe de l'intelligence, je partagerais, avec joie et fraternité, votre optimisme. En attendant ce jour-là je ne peux que vous redire mon admiration pour votre courage.

mohamed sifaoui 23/01/2009 09:24


Cher Monsieur, Chez moi, et désolé de vous contredire, il n'existe aucune hésitation quand à la séparation stricte, nette et franche entre le temporel et le spirituel. Je suis pour une
dépolitisation totale et définitive de la religion et je dirais des religions. Je me l'applique à moi même, j'ai convaincu mon entourage de faire autant et je ne cesserai d'argumenter sur cette
nécessaire démarche face à tout ceux qui veulent nous imposer une vision religieuse du monde. Et ma francité comme vous dites est plutôt l'expression d'une universalité. J'avais déjà cette position
quand mon lieu de résidence n'était pas en France, ce qui m'a valu beaucoup de problèmes par ailleurs. Disons que j'ai compris différemment le message de Mahomet. Et je voulais rajouter que vous me
trouverez à vos côtés pour défendre le principe de laïcité car, moi aussi, je reste résolument opposé à toutes formes de modification. C'est en effet non négociable et cela doit le demeurer. Je
reste optimiste parce que je sais que de surcroît aucune Rome ne sait faite en un jour. Et si je m'acharne sur ces questions, c'est aussi parce que j'observe, ici et là, certes fort timidement, le
début de quelque chose, une sorte de révolte de quelques musulmans contre des dogmes et des doctrines qui, pour dire les choses sans violence, ont fait leur temps. Bien cordialement


Gérard Couvert 22/01/2009 23:18

Monsieur, je ne voudrais en aucun cas que notre échange puisse être perçu comme autre chose que l'expression de spéculations intellectuelles dégagées des gangues de la haine irrationnelle. Je répondrais à votre argumentation par la fin du message ; vous même semblez douter, du général pour revenir au particulier ... certes aucun individu ne saurait être inapte génétiquement à l'évolution, il n'y a guère que les débiles de créationnistes pour le professer ! mais nous parlons de sociétés humaines, et là il semble que ce soit moins clair. Mon interrogation, et je vous confesse que la réponse que j'entrevois me terrifie, est de savoir si des individus "musulmans", même en nombre important, sont capables de modifier le corpus coranique dans le sens de la modernité ? Vous savez comme moi qu'il y a eu des tentatives, et vous savez bien comment elles se sont terminées, nous voici revenu à l'histoire. "il n'y aurait eu ni la dynastie abbasside ni Cordoue, il n'y aurait eu ni Avicenne ni Averroès" cet argument commence à vieillir non ? c'est celui de la bien-penseance de gauche repris en boucle depuis 40 ans. Lorsqu'il apparu la lutte était ailleurs et il fallait désamorcer le rejet et les ravages de l'ignorance post-coloniale. Qu'était l'Andalousie à l'arrivée des arabo-musulmans ? une région prospère occupée par des "barbares" très romanisés où une bonne part des structures politiques et économiques antiques avaient survécues, où les Juifs étaient implantés depuis longtemps et qui avait été le berceau d'empereurs ; bref avant d'être al-andalûs c'était une ancienne province romaine pacifique. Dans ce cadre et au vu de la faiblesse numérique et des dissensions entre musulmans (révoltes berbère, syrienne, etc.) que pouvait faire d'autre la dynastie abbasside (coupée de Bagdad) que de composer avec les rumis (dont d'ailleurs la défaite militaire et la passivité locale avaient surpris tout le monde !), celles qui suivront seront-elles tolérantes, ouvertes et maintiendront-elle la prospérité ... non. Averroès, penseur problématique, cadi puis presque renégat ; probablement influencé par les Juifs dans son exil catalan, ses ouvres sont brûlées à sa mort et seuls les traductions latines et hébraïques rétabliront sa pensée aristocletienne. Avicenne, autre commentateur d'Aristote, comme si parmi les dizaines de philosophes gréco-romains seul ce médecin avait de l'importance, lui aussi n'est libre de dire ce qu'il veut, et se contentera souvent, comme Averroès, de faire de la médecine. Un récent ouvrage, sujet à polémique, à d'ailleurs montré que l'occident médiéval avait eu d'autres sources antiques que l'Espagne musulmane. Donc en vérité ces deux personnages ne sont-ils pas des contres exemples ? Et puis c'était il y plus de 1000 ans, où sont les Pascal, les Heidegger, les Descartes, les Bergson en terre d'Islam ? Je n'ignore pas qu'il y a des penseurs musulmans au 11eme, au 14eme. au 16eme. (siècles de l'ère chrétienne par commodité) mais leur nombre diminue sans cesse, leur influence sur la société est minime, et puis, et surtout, ce sont des théologiens dont l'imaginaire et l'indépendance s'arrêtent au seuil des Medersas. Ils sont semblables aux milliers d'exégètes Chrétiens ou Juifs de la même époque ceux justement à qui les philosophes occidentaux apportent la contradiction. Au fur et à mesure que le temps à séparé l'Islam du creuset matériel de l'ancien empire Romain, les liens avec la philosophie antique se sont fait tenus (le phénomène est quasi identique avec la Perse), puis la pensée musulmane s'est retrouvée seule avec ses origines, qu'elle a parfois exploré fort loin dans la conscience humaine, par exemple avec le soufisme. Mais je crains que globalement cela ne soit pas suffisant, Socrate était à Athènes et pas à Médine.

mohamed sifaoui 22/01/2009 23:39


Mais cher Monsieur, j'ai bien perçu cet échange qui m'intéresse fortement comme vous le décrivez : l'expression de spéculations intellectuelles. Et naturellement, il est de ma part dénué de toute
irrationalité et encore davantage de toute expression belliqueuse.
La seconde partie de votre interrogation serait trop longue à discuter et je ne pense pas que nous puissions aller au fond des choses dans ce cadre fort limité qui nous ai offert pour
l'instant.  Je dirais néanmoins, que lorsque je cite des vestiges contenus dans la civilisation musulmane, ce n'est pas comme alibi de modernité. Et je suis le premier à dire lorsque je
m'adresse à un public musulman apaisé que les Avicennes et cie, commencent à dater et qu'ils ne sont utilisés en réalité très souvent comme prétexte. le hasard a voulu que nous abordions là le
sujet de mon prochain livre. Je ne vais pas vous dévoiler ici le contenu mais l'idée consistait à interpeller les musulmans sur ces questions et d'autres aussi afin de leur dire si des Avicennes
(ou d'autres) ont existé, si les abassides ont existé (et je crois qu'ils ont existé), des hommes ou des civilisations similaires qui se ont favorisé, avant tout les philosophie et la rationalité,
ils peuvent exister de nouveau. Disons-le ainsi pour garder un esprit général de discussion. Ce qui a existé, peut-il existé de nouveau même différement ? L'histoire de l'humanité nous révèle à
travers différentes phases et civilisations que la réponse serait plutôt : Oui cela est possible. C'est donc dans cet esprit que j'ai écrit sur quoi vous réagissez.
S'agissant de la question de savoir si des individus "musulmans", même en nombre important, sont capables de modifier le corpus coranique dans le sens de la modernité ? Ma réponse est oui. Mais
c'est oui pour l'instant en ce qui concerne ma modeste personne.
Ma compréhension de l'islam ne passe par aucun imam, aucun idéologue, aucun théologien, aucun derviche tourneur, aucun sage. Personne ! Mon interprétation de l'islam passe par ma conscience, mes
valeurs qui sont en harmonie avec les valeurs universelles et mes recherches personnelles. J'essaye d'expliquer que cette religion qu'est l'islam qui ne contient pas de "clergé" et qui est sensée
favoriser une relation directe entre la créature et son Créateur est devenue la principale faiblesse de l'islam puisque tout illétré, tout ignorant, tout déséquilibré peut se dire aujourd'hui Pape
des musulmans. C'est contre cela que je m'élève et c'est cette notion que je compte aussi expliquer. Je ne suis pas le seul à le faire. Certes, c'est un courant minoritaire, mais pour être
optimiste, je dirai, il a le mérite d'exister.
Bien cordialement


Gérard Couvert 22/01/2009 09:31

Il tend à dire qu'un musulman se doit de se montrer complaisant à l'égard de la barbarie parce qu'en définitive, il serait inapte à la modernité et à l'humanisme.Et si, en raison de causes intrinsèques, cela était exact ? La philosophie à connu des impasses, des systèmes sont arrivés à des points d'équilibre, qui comme chacun sait se caractèrise par l'absence de mouvement ...Et si l'Islam était l'un de ces systèmes philosophiques, qui, peut être par la faiblesse de ses attendus, se révélait incapable d'évolution ?Pourquoi Allah ne s'en irait pas rejoindre Osiris ou Zeus au panthéon des antiquités, parce que le monde qui l'a fait n'existe plus ? faut-il regretter que les méchants Espagnols aient mis fin aux cultes sanguinaires des Incas, fautt-il regretter que les méchants colonialistes Français aient mis fin à l'esclavage ?14 siècles et un milliard d'êtres humains ne prouvent qu'une chose : l'aveuglement de l'Homme est sans fin.

mohamed sifaoui 22/01/2009 20:48


Si l'islam était tel que vous le décrivez, il n'y aurait eu ni la dynastie abasside ni Cordoue, il n'y aurait eu ni Avicenne ni Averoes mais je dirais plus globalement quand bien même l'islam
serait-il ainsi les musulmans eux ne sont pas "intrinsèquement" ou génétiquement inaptes à l'évolution.


Harry 16/01/2009 02:55

Bonsoir Mr Sifaoui,je suis fier qu'un musulman puisse parler comme vous le faites, fier pour mon pays (la france) qu'un arabe parle ou ose parler comme vous le faites en 2009.Je suis fier car enfin, l'autocritique est possible, car enfin des musulmans hyper-intelligents et avant-gardistes de la génération dont vous faites partie rendent possible l'aggiornamento dont l'Islam avait tant besoin.Je suis fier enfin de vous voir si COURAGEUX, oui je dis bien courageux, face aux troupeaux de "moutons écervelés" qui passent leur temps à vous insulter ou à cracher leur haine en vous accusant d'"intelligence avec l'ennemi sioniste" dont vous feriez soit-disant partie.Je suis fier enfin de voir l'image de l'Islam se rehausser d'un coup, grâce à des hommes courageux comme vous l'êtes Mr Sifaoui, car l'Islam est une belle religion qui prône l'amour, la tolérance et l'hospitalité qui étaient les vertus premières et essentielles de vos ancêtres, ce qui explique que les Juifs et autres religions ont pu vivre leur foi en toute quiétude dans la plupart des empires ottomans et autres civilisations arabes et moyen-orientales, contrairement à d'autres régions du monde où ils ont tant souffert...Je prie Dieu que votre pensée se propage au sein des populations arabes du monde, car si tel est le cas, la Paix serait signée dès demain matin entre Juifs et Arabes.Que les écervelés qui vous insultent sachent, que cela leur plaise ou non, que les civilisations Juives et Arabes sont bien plus proches entre elles qu'ils ne peuvent même s'en douter...Et que pour un Arabe, cracher ou vomir sa haine sur "le Juif", équivaut à se cracher lui-même dessus car Tout arabe possède une part de judéité en lui et inversement (l'Islam étant une religion parente du Judaisme tant par ses prophètes en communs que par ses valeurs monothéistes qu'elle véhicule)Que Dieu vous garde Monsieur Sifaoui.Chalom Aléhèm.. Alékoum Salam...

Mikael 15/01/2009 23:08

Vous êtes un journaliste euh pardon, un homme courageux, au sens des responsabilités et vous n'hésitez pas à aller à contresens. CHAPEAU! La barbe de tous ces conformistes que l'on caresse dans le sens du poil.Ce boniface me file des nausées :1) il est chercheur comme je suis couturier2) il parait intelligent comme je parais feminin3) le fait qu'il ait été invité partout (ou qu'il se soit incrusté) partout pour débattre sur le conflit ce mois-ci est un mystère : il sert à rien ce type !!!@+

Mohamed 15/01/2009 21:08

vous ête jaloux de ce monsieur qui est libre, franchement des critiques de votre part ne peut réhausser l'image de M. Boniface.

mohamed sifaoui 15/01/2009 21:40


Je vois que ma critique a servi au moins à réhausser son image


Moshe 12/01/2009 19:30

Quel finesse d'Esprit ! Tres bel article Mohamed

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