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Blog de Mohamed  Sifaoui

Blog de Mohamed Sifaoui

- Des opinions qui refusent la compromission -


Je persiste et je signe : Alexandre Lebrun n'est pas un acteur.

Publié par mohamed sifaoui sur 6 Décembre 2007, 19:11pm

Catégories : #mohamed-sifaoui

SIFAOUI-Milieu-asiatique.jpgUne dizaine de jours après la diffusion de mon enquête sur le milieu asiatique et la sortie du livre qui raconte cette immersion, je ce cesse de recevoir des réactions. Certaines par courrier, d’autres via ce blog ou encore simplement verbalement dans la rue par l’intermédiaire de téléspectateurs ou de lecteurs.

 

Avant toute chose, je tiens à remercier tous ceux qui m’ont apporté leur soutien et leur témoignage de sympathie. N’ayant pas pu donner suite à chaque message, ils m’excuseront pour cette réponse globale.

 

D’autres ont émis des interrogations et des doutes quant à ce travail journalistique. Il est tout à fait normal d’avoir un regard critique sur ce que le monde de la télévision ou celui de l’édition nous propose mais il convient de regarder et de lire attentivement le résultat de mon enquête afin de ne pas émettre de jugement hâtif et injuste. En faisant un travail public, à fortiori, à travers l’investigation journalistique l’on s’expose à la critique : cela est tout à fait normal. Mais il existe des critiques injustes et fausses, des jugements de valeur et autres accusations auxquels je me dois de répondre clairement.

 

Premièrement, il n’a jamais été question de stigmatiser ou d’accuser la communauté asiatique dans son ensemble. Je l’ai précisé dans mon livre et avec TF1 dans le reportage. Le titre : « J’ai infiltré le milieu asiatique » est, à lui seul, explicite et évocateur de l’objectif recherché à travers mon travail de journaliste. J’ai voulu comprendre – dès que j’ai vu que j’avais l’opportunité – comment fonctionnent les voyous issus de cette communauté. Faut-il rappeler que leurs victimes sont elles-mêmes asiatiques ? Est-il nécessaire de souligner que les voyous d’origine chinoise n’attaquent – dans l’écrasante partie des cas – que des victimes chinoises ? Dois-je insister sur le fait que les « clandestins » asiatiques sont exploités presque systématiquement par des patrons – eux-mêmes – d’origine asiatique ? S’il est une communauté que j’ai stigmatisée à travers mon travail, c’est la communauté des voyous qui volent, escroquent, saucissonnent, blanchissent de l’argent, rackettent, exploitent, brutalisent, menacent etc. Cela choquerait-ils les asiatiques victimes de ces agissements ? Je ne le pense pas.

 

Deuxièmement. Certains commentaires ont laissé croire que mon travail aurait été "bidonné". Comment peut-on dire de telles inepties alors que la plupart des personnes objet de mon enquête n’osent même pas affirmer de telles choses. Le dénommé Alexandre prétend aujourd’hui qu’il serait un "acteur". Quel formidable acteur qui s’est déjà fait condamner pour proxénétisme aggravé ! Quel extraordinaire artiste qui est interdit de gestion d’entreprise par un tribunal de la République ! Quel comédien hors pair qui a déjà été déféré devant la justice pour « association de malfaiteurs ». Les gens qui n’assument pas ce qu’ils sont m’ont toujours étonné. Ils arrivent à nier l’évidence. Cela s’appelle peut-être du courage.

 

D'autre part, certains journaleux voulant – à l’évidence – régler des comptes avec TF1, Charles Villeneuve ou moi-même mais encore certains islamistes cherchant depuis longtemps à me discréditer ont sonné l’hallali. Tous tentent de créer une "affaire" en utilisant les dénégations d'Alexandre Lebrun. Une incompétence manifeste ou encore une fainéantise intellectuelle ou alors une malhonnête intellectuelle les poussent à croire - sur parole - la version proposée au public par Alexandre Lebrun qui prétend être un "acteur".

 

Non ! Alexandre Lebrun n’est pas un acteur. Ce n’est pas parce qu’on rêve d’être un acteur qu’on l’est. Ce n'est pas parce qu'on se fait photographier à Cannes au pied des marches qu'on a déjà joué dans un film. Ce n'est pas parce qu'on connaît un "producteur" qu'on est en tête d'affiche.

 

Non ! Alexandre Lebrun n’est pas un comédien. Alexandre Lebrun n’est pas un artiste. Oui les armes qu’il m’a montrées sont vraies. Oui il s’adonne à la délinquance financière. Oui, il a déjà récupérer des dettes en usant d'armes à feu.

 

Je persiste et je signe j’ai mené sur lui et sur son entourage une enquête rigoureuse qui a duré une année. J’ai filmé 170 cassettes pour réaliser cette enquête, je détiens des documents, des preuves tangibles, indiscutables. Je les mets d’ailleurs à la disposition de tout confrère sérieux et honnête qui serait tenté de mener une contre-enquête.

 

Autre précision. Depuis une semaine, Alexandre Lebrun a eu trois versions. Au lendemain de la diffusion du reportage, il a prétendu que je l’aurais payé afin qu’il joue « un rôle » tout en affirmant que les armes qu’il a exhibées devant moi m’appartenaient (Je tiens à la disposition des médias le document sonore qui prouve cela). Deux jours plus tard, il crée un blog et rend public un « démenti » affirmant qu'il est un "acteur" et qu’il m’aurait "manipulé". Hier, dans une lettre adressée à TF1, il affirmait qu’il serait un respectable « homme d’affaires » et que c’est moi qui l’aurais "purement et simplement manipulé". Je me demande quelle version il finira par retenir ainsi que certains médias chinois qui semblent le soutenir et quelle version prendront les journalistes français qui sembler accorder du crédit aux dires de ce personnage.

 

Troisièmement. Certains commentaires ont laissé croire que le travail que j’ai menée s’apparente à du « racisme ». Je rappelle à ceux qui l’ignorent que dans mon itinéraire de journaliste et d’écrivain engagé, je me suis toujours battu contre les racismes et l’antisémitisme mais aussi contre toutes les formes d’extrémisme. Je connais la technique qui consiste à user et à abuser du discours victimaire pour éviter le débat central. Je ne me laisserai donc pas piéger par cette démarche intellectuellement malhonnête. Je rassure principalement les téléspectateurs et lecteurs d’origine asiatique en leur rappelant que mon travail ne visait en aucun cas l’ensemble de leur « communauté » mais uniquement les brebis galeuses qui sont en son sein et dont les principales victimes sont elles-mêmes asiatiques.

 

J’agis de la même manière en réalisant des enquêtes sur des intégristes musulmans dont les agissements et les discours salissent l’ensemble des musulmans.

J’ai attendu volontairement avant de répondre. Je pense aujourd’hui que cette clarification est nécessaire pour lever toute ambigüité et je laisserai à tout un chacun le soin de tirer les conclusions. En tout état de cause, c’est en mon âme et conscience et en toute honnêteté que j’ai réalisée ce travail journalistique. Et si des médias veulent accorder du crédit aux gesticulations d’un voyou, ils ne remettront pas en cause ma crédibilité mais la leur.
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Demoore 28/12/2007 15:56

Bon courage pour la suite monsieur Sifaoui.

mohamed sifaoui 28/12/2007 20:34

Merci à vous et merci de votre confiance. Et enfin bravo pour votre esprit de discernement.Cordialement.MS

AMARI 16/12/2007 22:48

Bonsoir,Honnêtement, après avoir vu différents reportages et tout particulièrement ce dernier (sur le milieu "asiatique"), je considère que votre notoriété semble proche de ces reportages à risques.Vous semblez jouer de votre volonté à vous heurter des situations de dangers (caméra cachée pour preuve). Vous dîtes que vous êtes musulmans, vous savez que rien n'est caché pour Allah (le louangé).Vous connaissez la société et le monde journalistique. Vous voulez faire "mouche" sachant que les chaines de TV sont friandes de ce type de reportages, l'argent se monnaie bien aussi.Seulement, pensez à vous, à votre vie et essayer de vivre ce métier dans la tranquilité sans courrir le risque de vous retrouver dans l'ambarras.Après ce reportage sur le milieu asiatique, je me suis dit "IL EST FOU ! ", avant les islamistes (mosquées, mouvements radicaux...).Pensez à vos proches et à vous, vous vous mettez dans une situation de danger. Que Dieu vous protège et qu'il fasse que le danger s'éloigne de vous, car vous dîtes la vérité, mais vos méthodes semblent ne pas plaire les personnes que vous mettez en exerge.Prenez soin de vous, soyez attentif. SalamAmariViry-Chatillon.

patrick 10/12/2007 15:11

Vous n'êtes pas convainquant, on ne répond pas à des critiques aussi grave par des mots de compensation. Dire je ne suis pas essentialiste par exemple est une manière de se débarrasser de la vraie question: cet objet (et non pas moi) fabrique-t-il, conforte-t-il de l'essentialisme ? On ne répond pas à la critique par des affirmations mais par des arguments. Je crois que l'introspection est nécessaire à tous les niveaux et elle n'est pas inutile quand on écrit un titre déjà aussi ambigue, tape à l'oeil et assez douteux, pardonnez moi, que "j'ai infiltré le milieu asiatique". Que veut dire "milieu"? Que veut dire "asiatique"? Que veut dire l'acte d'infiltrer? N'est-il pas tant d'attendre d'être dans le livre pour définir et circonscrire des mots aussi connotés? Nous partageons une intelligibilité des choses et qu'est ce que ce livre comme objet de sens nous évoque avant même de l'ouvrir avec son "asiatique" en jaune sur fond rouge? Stratégie publicitaire qui trouve dans l'essentialisme et l'amalgame ses références les plus commodes, essentialisme irresponsable et/ou malveillant ou pur hasard? Dire, écrire, parler sur l'espace public c'est prendre des responsabilités qui ne sont pas à brader au motif des logiques médiatiques.Un livre a des conséquences bien au-delà de la sincérité de son auteur, la maladresse peut être insultante, et elle n'est vertu que quand elle s'allie à la sincèrité contre les justifications facile.Essentialiser c'est faire corps avec un regard sur les autres et sur soi, c'est aussi être acteur d'une logique. Que les victimes de voyou "asiatique" soit elle-même "asiatique" ne répond pas à la question de savoir si vous stigmatisez les "asiatiques". Ce n'est pas répondre à la critique de stigmatisation des "asiatiques" que de parler des "asiatiques" qu'ils soient victimes ou criminels. La critique pose une question relative à la "nature" du regard que vous portez sur le monde, pas à des actes qui engagent d'autres responsabilité que la votre ou des perception qui appartiennent à d'autres personnes que vous. En l'espèce cette réponse tend même à conforter la pertinence de cette critique.

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